Les banques privées suisses restent compétitives malgré la tourmente fiscale
Programme américain de lutte contre l'évasion fiscale, affaire SwissLeaks... Malgré les scandales, les banques privées suisses gardent des atouts. Elles continuent d’attirer les grandes fortunes offshore (de non-résidents) et les meilleures d’entre elles restent compétitives face à la gestion de fortune onshore (pour clients résidents), relève l'édition 2015 du Global Wealth Report du Boston Consulting Group (BCG).
«Alors que la marge sur revenus de l’industrie de la gestion de fortune offshore a chuté en moyenne de 10 à 15% depuis le pic antérieur à la crise financière de 2007-2008, nous continuons à voir sur quelques marchés une prime sur la marge sur revenus de l’ordre de 10 points de base (pb) pour l’offshore par rapport aux acteurs onshore, en particulier en Suisse», indique le rapport. Les établissements helvétiques affichent en effet les meilleures marges sur revenus : 83 pb en moyenne et 91 pb pour les meilleurs, contre 80 pb pour la gestion domestique. Nombre de clients restent visiblement prêts à payer davantage pour bénéficier d’un environnement politique stable, d’une garantie de discrétion, etc.
Pour autant, les marges sur bénéfices convergent vers celles de la banque privée domestique (31 pb pour les meilleurs acteurs suisses contre 34 pb pour les champions de l’onshore). La place helvétique pâtit du poids des dépenses liées à la réglementation, aux litiges et aux investissements technologiques. Certains acteurs ont dû faire des choix, en abandonnant des marchés d’Europe occidentale comme Credit Suisse et UBS, ou en vendant leur fonds de commerce suisse (Generali, RBS, etc).
Malgré ces mouvements stratégiques, la Suisse reste la première destination des fortunes privées, avec 2.400 milliards de dollars d’actifs offshore à fin 2014, soit 26% du marché mondial. 40% des avoirs non domestiques proviennent encore de clients européens et leur masse totale devrait croître de 4,5% par an sur les cinq prochaines années, soit davantage qu’au Luxembourg, aux Iles anglo-normandes et à Dublin, selon le BCG.
Surtout, les places montantes ne supplantent pas encore la Confédération. Singapour concentre 1.000 milliards de dollars d’encours offshore et Hong Kong, 500 milliards. Les deux booking centers (centres de transaction) asiatiques devraient continuer à réduire l'écart, avec un taux de croissance prévisionnel de 6,9 et 7,8% dans la gestion non domestique. En 2018, ils devraient concentrer 18% de la fortune mondiale offshore.
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