Les banques privées offshore amorcent leur décrochage en Europe
Pour la première fois en trois ans, la collecte de la gestion de fortune offshore (non domestique) a baissé l’an dernier en Europe. Ces institutions basées essentiellement en Suisse et au Luxembourg accusent des flux nets en retrait de 4% sur un an, selon le dernier rapport annuel du Boston Consulting Group (BCG) sur la gestion de fortune dans le monde. Dans tous les autres segments de marché et toutes les autres grandes zones géographiques, la collecte a pourtant été supérieure à celle de 2012.
Si la Suisse reste le premier centre de gestion d’actifs non domestiques, avec 2.300 milliards de dollars (1.700 milliards d’euros) d’actifs et 26% du marché, Hong Kong et Singapour devraient voir leur poids passer de 16% à 20% en 2018. Les encours des comptes enregistrés dans ces deux territoires devraient progresser respectivement de 11,3% et 10,2% par an. Soit bien davantage que les +6,8% attendus pour l’ensemble du secteuroffshore, qui représente actuellement 5,9% de la gestion de fortune mondiale (-0,2 point sur un an).
Face à la remise en cause du secret bancaire suisse, encore mise en lumière récemment par l’amende record de Credit Suisse aux Etats-Unis, les établissements locaux ont commencé à ajuster leur dispositif. Dans les centres européens de gestion de fortune offshore, les effectifs de chargés de clientèle ont baissé de 7% l’an dernier selon le BCG, alors qu’ils ont augmenté de 21% en Asie-Pacifique, principale terre de conquête des clients fortunés. La rationalisation des portefeuilles de clients a sans doute contribué à l’amélioration des revenus par chargé de clientèle, passés de 2,4 à 2,6 millions de dollars l’an dernier, après avoir stagné en 2012.
Pour autant, le coefficient d’exploitation (ratio des coûts sur revenus) de la gestion non domestique européenne a crû d’un point de base, à 75%. Il est resté stable dans les autres banques privées européennes mais a perdu entre deux et quatre points ailleurs. Dans l’ensemble du secteur, les revenus ont augmenté de 19% en trois ans tandis que les coûts progressaient de 15%, en raison notamment du poids croissant des exigences légales et réglementaires en matière de contrôles et de gestion des risques.
Le BCG préconise donc aux banques offshore de concentrer leurs efforts sur un nombre limité de clientèles, quand elles n’ont pas déjà jeté l'éponge comme plusieurs banques étrangères en Suisse.
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