Déréglementation rime avec improvisation
L’heure est aux rassemblements du côté des professions patrimoniales. Il y a ceux, classiques à cette période de l’année qui voient courtiers, conseillers indépendants, notaires et experts-comptables converger vers leurs lieux d’échanges annuels. Mais il y a beaucoup plus original en cette rentrée 2014. Qui aurait imaginé voir un jour les notaires descendre dans la rue? C’est chose faite, et de quelle manière ! Ils étaient au moins 16.000, le 17 septembre, Place de la République à Paris. Et même si certains remplaçaient volontiers le terme manifestation par celui de rassemblement, il a été de fort belle facture, mobilisant de nombreux collaborateurs au-delà du cercle des 9.541 notaires de France. Avec, en sus, le clin d’œil de participants arborant la marinière bretonne et le slogan « Notaires made in France » afin de brocarder Arnaud Montebourg.
Car c’est bien lui le fauteur de troubles qui a réveillé les cauchemars des professions réglementées, surtout suspicieuses jusque-là vis-à-vis de Bruxelles, en reprenant les idées du rapport de l’Inspection générale des finances sur leur déréglementation. La page aurait pu être tournée avec le départ du susdit, mais ne voilà-t-il pas que s’installe à sa place Emmanuel Macron, rapporteur de la commission Attali de 2007 qui avait allumé la mèche sur le même thème. Le projet de Bercy paru fin août fera sonner le tocsin : sur une dizaine de pages sont recensés de véritables brûlots, comme la liberté d’installation de certaines professions réglementées, le périmètre de l’acte authentique ou encore la réforme de la tarification des prestations notariales.
On conçoit le choc pour la profession, dont les instances ont sonné le branle-bas de combat et répondu point par point à un projet présenté comme une menace pour la sécurité juridique des Français et de leurs familles. Eux-mêmes dans le collimateur, les huissiers de justice ont précédé d’un cran les notaires, manifestant puis étant reçus par la garde des Sceaux et le ministre de l’Economie. Mais alors qu’ils sont sortis rassérénés de ce rendez-vous le 17 septembre, le président du Conseil supérieur du notariat s’en est retourné le lendemain en exprimant une « vive inquiétude ».
Et pourtant, ces professions sont prêtes à évoluer – enfin disent certains – et veulent le faire sous le signe de la concertation. Mais pour être entendu, il faut être deux. Et lorsque l’on voit l’improvisation qui règne au sommet de l’Etat – la suppression de la première tranche de l’IR annoncée au lendemain du vote de confiance est éclairante–, on peut être perplexe. L’UNAPL organise, le 30 septembre, une « journée sans professions libérales »…
Plus d'articles du même thème
-
La dette privée compense le recul du private equity chez Eurazeo
La collecte d’Eurazeo progresse de 11 % au premier trimestre 2026, tirée par la dette privée. -
DomusVi refinance 2 milliards d’euros de dette en réduisant les coûts d’intérêt
Malgré la méfiance qui atteint les groupes privés gestionnaires d’Ehpad, la société contrôlée par ICG a amélioré ses conditions de financement et prolongé la maturité de sa dette. -
KB AM dévoile un ETF dédié à l'écosystème Hyundai IA
L’ETF réplique un indice allouant 25 % à Hyundai Motor et 75 % à 14 valeurs corrélées à l’IA physique, avec une limite de 15 % par ligne.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
VanEck émet un nouvel ETF pour miser sur l’économie spatiale
- Philippe Zaouati quitte Mirova
- Bercy acte la fin du référencement des autres FIA en assurance-vie
- La déferlante IA menace l'équilibre des portefeuilles actions et obligataires
- L’AMF va se doter d'un plan pour renforcer l’investissement des femmes
- SCPI : une nouvelle solution de marché secondaire mise sur l'analyse des portefeuilles
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionGénéral Charles Beaudouin: « L'édition 2026 d'Eurosatory est celle de la montée des périls »
Général Charles Beaudouin: « Dans moins de trois ans, une confrontation entre la Russie et l'Europe est possible. Les armées doivent s'y préparer » -
Un trajet, un billet : l'Europe dévoile son projet pour simplifier le train
Bruxelles - Bruxelles doit présenter mercredi son projet pour simplifier les trajets de train en Europe, grâce à une réservation sur une seule plateforme, en tentant de contraindre les compagnies ferroviaires à proposer les billets de leurs concurrents sur Internet. -
Israël poursuit ses frappes au Liban, qui ont fait au moins 380 morts depuis la trêve
Beyrouth - L’armée israélienne a poursuivi mardi ses frappes au Liban, tuant dans le sud 13 personnes, qui viennent s’ajouter aux 380 morts depuis l’instauration du cessez-le-feu le 17 avril, selon les autorités. Alors que le Liban se prépare à de nouvelles négociations avec Israël jeudi à Washington, le chef du Hezbollah pro-iranien, qui s’y oppose fermement, a affirmé que le désarmement de sa formation ne faisait pas partie des discussions et a promis de transformer «en enfer» la bataille avec l’armée israélienne. Celle-ci a indiqué avoir conduit une opération dans la zone du fleuve Litani et a mené mardi une frappe ayant tué deux secouristes à Nabatiyé (sud), où ils effectuaient une intervention, a annoncé la Défense civile. Le ministère de la Santé a confirmé la mort des deux secouristes qu’il a inclus dans un bilan de 13 morts, dont un soldat et un enfant, dans des frappes israéliennes ayant visé trois localités dans le sud du pays. «Une frappe sur la ville de Nabatiyé a fait cinq (morts) dont deux secouristes de la Défense civile et deux blessés», une autre dans la localité de Jebchit a fait quatre morts «dont un soldat et un ressortissant syrien», et douze blessés, et une troisième à Bint Jbeil a tué «quatre citoyens dont un enfant et une femme», et blessé deux autres, a indiqué le ministère. «Depuis le cessez-le-feu, 380 personnes ont été tuées et 1.122 blessées», a annoncé plus tôt le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, faisant état de 108 personnels de santé et secouristes tués depuis le début de la guerre. Plus de quatre enfants ont été tués ou blessés chaque jour en moyenne durant les 25 premiers jours de la trêve, a indiqué l’ONG Save The Children. Au total, les frappes israéliennes ont tué 2.882 personnes depuis le début de la guerre, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé. D’après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués. Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février. Israël a répondu en menant des frappes massives et une opération terrestre dans le sud. «Nous ne nous rendrons pas» Beyrouth a demandé aux Etats-Unis de faire pression sur leur allié israélien pour qu’il mette fin à ses frappes. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des positions militaires israéliennes, y compris en Israël, aux frontières avec le Liban. «Nous ne nous rendrons pas», a affirmé le chef de l’organisation, Naïm Qassem. «Les armes et la résistance ne concernent personne hors du Liban (...) C’est une question libanaise intérieure qui ne fait pas partie des négociations avec l’ennemi», a-t-il ajouté. Dans un communiqué annonçant la reprise des négociations jeudi, le département d’Etat américain avait affirmé que la paix entre le Liban et Israël «dépendait du rétablissement complet de l’autorité de l’Etat libanais (sur son territoire) et du désarmement total du Hezbollah». Washington fait pression pour que les discussions aboutissent à un accord de paix, alors que Beyrouth veut d’abord consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël du Liban. Après l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a établi en territoire libanais une «ligne jaune» à une dizaine de km de la frontière. Elle a indiqué mardi qu’au cours de la semaine écoulée, ses soldats avaient mené une «opération spéciale visant à retirer des infrastructures terroristes dans la zone du Litani». Interrogée par le bureau de l’AFP à Jérusalem, l’armée israélienne a indiqué ne pas pouvoir confirmer si les soldats avaient franchi le fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière, mais a publié des photos montrant des soldats marchant sur un pont le traversant. © Agence France-Presse