De l’art de surnager dans la nouvelle vague numérique
Pour avoir plongé quelque peu dans le monde mystérieux du numérique (lire p. 16), livrons-nous à quelques réflexions sur ce qui, d’une manière ou d’une autre, va changer nos vies d’acteurs économiques tout comme nos habitudes de consommateurs.
Il convient déjà de franchir un premier bain consistant à surnager dans le jargon ambiant. Petit florilège picoré dans le fourmillement actuel de documents opérationnels ou d’audits. Il s’agit de «favoriser l’innovation continue par la mise en place d’un accompagnement transverse de l’idéation à la concrétisation du projet», n’hésite pas à avancer une compagnie. Une étude d’un cabinet d’analyse souligne que «l’ouverture de l’ère Atawadac (any time, any where, any device, any content) généralise l’innovation servicielle». Un spécialiste observe complémentairement qu’«une cartographie dynamique des données possédées et traitées par l’entreprise est la première étape fondamentale à mener comme socle du numérique». Et la Banque des règlements internationaux ajoute sa part d’interrogations en jugeant que les monnaies numériques telles que le Bitcoin ainsi que son livre décentralisé sous-jacent, la blockchain, pourraient avoir un impact sur les banques centrales et le système financier mondial au sens large…
Pourquoi se découragerait-on ? Voyons le bon côté des choses avec l’émergence des fintechs, l’un des aspects de la révolution en marche dans lequel la France fait preuve d’une forte créativité. Entre la menace concurrentielle et l’observatoire de pratiques en rupture avec les modèles traditionnels, les acteurs de la finance lorgnent de près ces offres innovantes 100% numériques: comparateurs de produits, moyens de paiement, automates de gestion privée, solutions de crédit… Du partenariat aux acquisitions, les champs sont ouverts, mais mieux vaut côtoyer cette nouvelle vague.
Le Big data, autre rejeton contemporain, suscite également l’engouement, envisagé comme une promesse vers un marketing prédictif. L’avenir dira si ce déshabillage annoncé de nos personnalités et de nos goûts sera bien vécu par les individualités que nous sommes et demeurerons. Mais le mouvement est enclenché et peu de métiers échapperont à la tentation. Une chose est certaine, exprimée récemment par le responsable d’une association de CIF: «Peut-on remplacer l’homme par du tout outil ?» La réponse est non et autour de la dimension du conseil, le NON s’écrit en majuscule.
Plus d'articles du même thème
-
Qiddiya s'engage à investir 6 milliards d’euros en France pour développer des parcs à thèmes
La France et l’Arabie saoudite ont signé un protocole d’accord pour la construction et le développement de plusieurs parcs d’attractions en Île-de-France. -
Le tiers payant, un terrain de jeu pour les fintechs
Marché très concentré et particulièrement exposé aux cyberattaques, le tiers payant intéresse de plus en plus les fintechs qui tentent de se positionner en tant que partenaires technologiques fiables. -
Le fonds de pension suédois AP3 voit ses encours grossir de plus de moitié
L'un des trois fonds de pension publics suédois en charge du système de pension pour les retraités suédois a publié des résultats financiers en hausse au premier semestre 2026.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Laiqon propose une gestion de fonds assistée par l’IA dans un ETF
- L'éligibilité des ETF synthétiques au PEA est dans le viseur de Bercy
- Clémentine Gallès (Société Générale Private Banking) : "Concernant l'IA, plusieurs questions restent ouvertes"
- SCPI : Les plateformes de gré à gré s’imposent comme une alternative aux sociétés de gestion
- La gestion de patrimoine britannique frôle l'hyper-concentration
- La zone euro confirme sa reprise estivale
Contenu de nos partenaires
-
CoulissesPrésidentielle : le plan de bataille du Medef
L'organisation patronale déploie une nouvelle stratégie pour imposer son agenda aux candidats à la présidentielle et asseoir son influence sur le débat public -
Message personnel« On se retournait, il était là » : l’hommage d’Emmanuel Macron à François Patriat
En saluant la fidélité de ce macroniste des origines, Emmanuel Macron souligne l'ingratitude de ceux de son camp qui veulent lui succéder à l'Elysée -
EditorialChefs d'entreprise, enrichissez-vous !
Tous partagent l'idée qu'il suffit d'aligner les promesses pour réguler l'économie par le haut