Une réforme trop peu protectrice des épargnants
La Compagnie appelait de ses vœux et soutenait l’Autorité des marchés financiers (AMF) pour la mise sous sa «tutelle» de l’ensemble de ces produits dits «biens réels», «de diversification», «atypiques» ou «plaisirs», dans le seul intérêt du Consommateur épargnant. Certains d’entre eux n’appellent pas d’observation de notre part, même si on peut parfois s’interroger sur la façon dont certains «vendeurs», animés par les seules commissions, les diffusent et sur leur opportunité réelle en période de déflation structurelle.
Cette demande et ce soutien à l’AMF vont pourtant contre nos intérêts de Conseils en Gestion de Patrimoine Indépendants (CGPI). Car il est évident que le risque est encore une fois aggravé, si certains CIF et associations de CIF attrape-tout ne se montrent pas plus vigilants. La confusion est en effet très grande entre CIF et CGPI exerçant le CIF. L’image de ces derniers et les coûts de couvertures RCP ne peuvent que se détériorer au vu des affaires en cours et de celles en gestation.
Nous comprenons que les manuscrits, mis en tête dans cette liste, sont concernés. Mais qu’en est-il de l’Art quand il est vendu comme un produit financier promettant d’assurer de forts rapports et dont un scandale vient de ruiner quelques centaines d’Épargnants?
Cette nouvelle règlementation (même imparfaite) devenait d’autant plus nécessaire que nombre de promoteurs et commercialisateurs se servent du statut de CIF pour mettre en avant un label de l’État, alors même que certains d’entre eux ont obtenu par une décision de justice de débouter l’AMF au prétexte, par exemple, que l’Art n’était pas sous son contrôle!
Curiosité ou du moins point à éclaircir: l’AMF, organisme de tutelle du CIF, peut le sanctionner puisqu’il peut, entre autres, «exercer à titre de profession habituelle le conseil portant sur la réalisation d’opérations sur biens divers». Mais elle ne pourrait pas le sanctionner pour cette nouvelle seconde catégorie de biens divers?
Il est curieux et même scandaleux, qu’à l’occasion de la Loi, les Pouvoirs publics ne donnent pas les moyens à l’autorité chargée de superviser et de protéger l’Épargnant pour assurer le contrôle préalable à la diffusion et pour assurer la sanction qui parait si évidente pour des produits plus classiques. La Compagnie espère pour celui-ci que ce «régime allégé» ne soit qu’une étape. Car nous sommes de ceux qui pensent que l’Épargnant préfère que l’on ait empêché de lui vendre avant. La sanction intervenue après ne le rembourse généralement pas des capitaux dont il a été «allégé».
Il faut donner davantage de ressources à l’AMF en vue d’un contrôle préalable et d’une mise sous tutelle totale de ces produits très sensibles. L’AMF devrait être rémunérée pour un travail de contrôle «allégé» a posteriori par une contribution des intermédiaires en biens divers. Il serait curieux que les professionnels déjà soumis à son contrôle soient demain appelés à payer pour ceux qui ne le seront qu’au titre de leurs publicités!
Plus d'articles du même thème
-
Pacific AM s'empare du gestionnaire londonien Asset Value Investors
La société de gestion londonienne, filiale de Pinnacle IM, a annoncé que cette acquisition permettait de réunir deux gestionnaires complémentaires. -
Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
Les établissements devront mieux évaluer la solvabilité des clients et orienter les emprunteurs en difficulté vers des organismes d’accompagnement indépendants. -
Prologis s'empare de Segro pour 14 milliards de livres
Le 4 août, le spécialiste américain de l'immobilier logistique, déjà première foncière logistique cotée au monde, a transformé en engagement ferme son offre sur la foncière britannique d'entrepôts et de centres de données. Après trois révisions de l'offre.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
First Trust et Global X ETFs rejoignent la course aux ETF spatiaux
Contenu de nos partenaires
-
Guerre en Iran : les Etats-Unis face à une pénurie de missiles à longue portée
Les stocks du Pentagone se sont vidés depuis le début du conflit, fin février, alors que Donald Trump peine à trouver une porte de sortie -
Rouge vifLe déficit de l’État s’est creusé de 6,4 milliards d’euros au premier semestre
Une nouvelle fois, les recettes fiscales ne parviennent pas à combler la hausse des dépenses publiques, tirées ce semestre par la charge de la dette et la défense nationale. -
FestivalierXavier Bertrand ou la stratégie des cartes postales
Le président des Hauts-de-France profite de la trêve politique estivale pour sillonner la France des festivals, mêlant tourisme et politique