Les sénateurs réforment le « verrou de Bercy »
L’article 13 relatif à l’aménagement du «verrou de Bercy» ne figurait pas dans le texte initial du projet de loi contre la fraude. Il a été ajouté en commission par le Sénat qui a jugé nécessaire «de remédier au problème de la procédure pénale en matière fiscale pour trouver un nouvel équilibre entre la toute-puissance des directions de l’administration, y compris à l’encontre, bien souvent, des initiatives mêmes des services déconcentrés, et le pouvoir discrétionnaire de la commission des infractions fiscales, la CIF». La question de la suppression de la CIF a été écartée en séance.
En l’état actuel de la législation, en matière de fraude fiscale, le parquet ne peut engager de poursuites que si l’administration fiscale a au préalable déposé une plainte. Cette procédure dérogatoire est communément désignée comme le « verrou de Bercy ».
Le texte transmis le 4 juillet à l’Assemblée nationale prévoit que les dossiers de fraude seraient automatiquement transmis au parquet dès qu’ils remplissent trois critères cumulatifs : un montant de fraude supérieur au seuil qui sera fixé par décret en Conseil d’Etat – le sénateur Albéric de Montgolfier avançant un montant de 100.000euros -, l’application de pénalités d’au moins 80%, et une situation de récidive ou de fraude fiscale aggravée supposant un élément intentionnel.
L’amendement de la sénatrice Nathalie Goulet qui souhaitait que les critères soient alternatifs et non pas cumulatifs a été rejeté.
Indépendamment de la gravité particulière des faits commis ou de leur réitération, l’administration fiscale serait tenue de déposer plainte lorsque le contribuable est soumis, du fait de ses mandats électifs ou de ses fonctions, à une exigence particulière d’exemplarité.
Le projet de loi qui a reçu le soutien de Gérald Darmanin a été renvoyé à la Commission des finances de l’Assemblée nationale pour examen.
Plus d'articles du même thème
-
Le Conseil constitutionnel valide l’essentiel de la loi contre les fraudes fiscales et sociales
Le gouvernement espère récupérer 1,5 milliard d’euros de l’ensemble des mesures, qui concernent également la lutte contre la fraude sociale. -
L’IA dope la fraude face à des entreprises encore mal protégées
L’enquête Allianz Trade salue une prise de conscience grandissante mais encore insuffisamment traduite en mesures préventives. -
Wise plonge en Bourse à cause d’une enquête pour blanchiment en Belgique
La fintech a indiqué répondre à des questions de la justice belge après que des informations de presse ont fait état d’une enquête pour blanchiment. L’action, récemment cotée au Nasdaq, accuse le coup.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah