La Commission des infractions cible les dossiers à forts enjeux
En 2016, la commission des infractions fiscales (CIF) a examiné 1.063 affaires. Un chiffre légèrement inférieur aux années précédentes. En cause la baisse d’approvisionnement, puisque la Commission enregistre en 2016 le plus faible taux de saisines depuis 2000. Elle a reçu 944 dossiers, alors que la moyenne avoisinait les 1.000 affaires sur ces 10 dernières années.
77 % des dossiers proposés à la CIF porte sur une rétention de TVA couplée le plus souvent à une fraude à l’impôt sur les sociétés et à l’impôt sur le revenu. Ce constat s’impose comme une constante depuis 2011.
La moyenne des droits fraudés est de 350.494 euros par dossiers tous impôts et tous secteurs socioprofessionnels confondus; un montant en augmentation continue depuis 2013. Ce chiffre confirme la très forte sélection de la Commission qui défère en priorité au juge judiciaire les dossiers "à forts enjeux» et les fraudes d’une particulière gravité.
La CIF veille à diversifier ses enquêtes et n’oublie aucun des grands secteurs de l'économie. Pourtant trois secteurs se distinguent très nettement en matière de fraude. Les secteurs du bâtiment et des travaux publics, des services et de l’automobile concentrent 47 % des poursuites.
Les fraudes les plus courantes dans le BTP – qui remporte le plus grands nombres de plaintes - portent sur «la création d’entreprises éphémères dédiées à la réalisation d’importants volumes d’affaires en totale franchise d’impôt et la comptabilisation de fausses factures pour permettre la récupération de la TVA indûment facturée, avec pour finalité le financement du recours à une main d'œuvre clandestine» souligne le rapport.
Le taux de rejet – établi à 6.2 % - est légèrement supérieur aux années passées mais reste en deçà de la moyenne globale observée depuis la création de la Commission (6.8%).
En conclusion les résultats 2016 sont assez proches des précédents. Toutefois, la Commission rencontre des difficultés d’approvisionnement en propositions de poursuites et d'étalement des transmissions de dossiers. Elle craint à ce titre des problèmes de programmation des séances sur le début d’année 2017 qui pourraient perturber le reste de l’exercice. Le prochain rapport révèlera si les craintes de la Commission se sont réalisées.
Plus d'articles du même thème
-
Wise plonge en Bourse à cause d’une enquête pour blanchiment en Belgique
La fintech a indiqué répondre à des questions de la justice belge après que des informations de presse ont fait état d’une enquête pour blanchiment. L’action, récemment cotée au Nasdaq, accuse le coup. -
Mirova se désengage de la dette Philippine
En réponse au scandale de corruption, la filiale de Natixis IM dédiée à la finance durable a cédé, fin 2025, l'ensemble de ses obligations vertes philippines. -
Le Parlement change de braquet contre la fraude fiscale
Un accord trouvé en commission mixte paritaire ouvre la voie à un arsenal renforcé contre la fraude fiscale, et élargit les obligations déclaratives en matière de lutte anti-blanchiment à de nouveaux acteurs.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Le dispositif Jeanbrun doit être appréhendé comme un outil de transmission
- Baloise Vie Luxembourg franchit le milliard de collecte et change de braquet
- SCPI : les faits marquants du mois de Mai 2026
Contenu de nos partenaires
-
A l’attaqueLes chinois Anta et Li-Ning prêts à tacler Adidas et Nike
Après avoir consolidé leur place sur leur propre marché, les équipementiers chinois prennent pied aux Etats-Unis -
Les Etats-Unis veulent instaurer de nouveaux droits de douane, au nom de la lutte contre le travail forcé
Désavouée par la justice, l'administration Trump souhaite imposer de nouveaux droits de douane de 10 à 12,5 % à une soixantaine de partenaires commerciaux, dont l'Union européenne. Washington leur reproche de ne pas s'attaquer au problème du travail forcé -
Market logicPlacements : ignorez le bruit des tarifs douaniers, les valeurs boursières le feront
Rien n’influence davantage les marchés actions que les surprises. Or, la terreur des tarifs douaniers a perdu son effet de surprise, quoi que décide Donald Trump à l’avenir