Dernier rappel pour profiter de frais réduits
A compter du 1er janvier 2020, le changement d’un régime matrimonial séparatiste à un régime communautaire coûtera plus cher. C’est l’œuvre de la loi de finances pour 2019 qui a abrogé l’article 1133 bis du Code général des impôts, lequel prévoyait que « les actes portant sur le changement de régime matrimonial, en vue de l’adoption d’un régime communautaire, ne donnent lieu à aucune perception au profit du Trésor». Outre les émoluments au profit du notaire, cette formalité sera soumise au droit fixe de 125 euros pour l’enregistrement de l’acte auprès de l’administration fiscale. Et plus significatif, en cas de mutation d’un bien immobilier, une taxe de publicité foncière (0,715% de la valeur du droit réel immobilier) et une taxe de sécurité immobilière (0,10%) seront dues.
Exemple. « Bien sûr ces taux sont relativement faibles mais cela peut représenter des montants considérables au regard de la valeur des biens immobiliers apportés. Cette nouvelle disposition n’est donc bien souvent pas neutre sur l’économie d’une telle opération », commente Thierry Arnaud, notaire à Rodez, membre du groupe Monassier, qui conseille donc d’opérer ce changement d’ici la fin de l’année. Par exemple pour un bien immobilier de 600.000 euros qu’un époux marié sous le régime de la séparation de bien souhaite apporter à la communauté à l’occasion du changement de régime, la taxe de publicité foncière (exigible à hauteur de 50% de la valeur du bien) sera de 2.145 euros et la contribution de sécurité immobilière de 300euros.
Niche fiscale. Il s’agit en fait d’un retour à la situation antérieure qui permet de mettre sur un pied d’égalité le passage d’un régime à l’autre. Cette exonération était historiquement liée à la réforme de l’usufruit de la loi de finances pour 2004. « En réformant le barème de l’usufruit et de la nue-propriété, cette loi aurait conduit à une augmentation de l’imposition du conjoint survivant au moment du décès de l’un des époux, lorsqu’ils sont mariés sous le régime de la séparation de biens », expliquaient les députés LREM, Amélie de Montchalin et Joël Giraud, qui ont défendu cette réforme dans la dernière loi de finances. Afin d’éviter une telle perspective, l’article 1133 bis du Code général des impôts avait alors permis, en franchise de droits, un changement de régime matrimonial, mais cette exonération a perdu sa justification à la suite de l’adoption de la loi Travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat, dite loi Tepa de 2007, qui a totalement exonéré l’ensemble des conjoints survivants.
Exit l’homologation. Cette modification est d’autant plus opportune que le changement de régime matrimonial est facilité avec la loi de programmation 2018-2022 et de réforme pour la Justice. Depuis le 25 mars dernier, date d’entrée en vigueur de cette loi, les époux peuvent modifier leur régime matrimonial sans attendre le délai minimal d’application de deux ans et n’ont plus besoin de passer devant un juge pour homologuer la convention notariée en présence d’enfants mineurs. « Cette absence d’homologation accélère les procédures et réduit les frais en supprimant de facto l’intervention d’un avocat », souligne Thierry Arnaud. Attention toutefois, si l’homologation n’est en principe plus requise, la procédure d’information (annonce légale et notification aux héritiers) est maintenue pour ouvrir des délais d’opposition de trois mois. Cette opposition est toutefois extrêmement rare, selon le groupe Monassier.
Les raisons de changer. Ce passage d’un régime séparatiste à un régime communautaire est particulièrement utile pour « équilibrer les patrimoines en fin de vie professionnelle et protéger le conjoint survivant lorsque les époux rentrent dans une logique de transmission ». L’adoption d’un régime communautaire peut aussi permettre de rédiger une clause de préciput, et donc d’apporter un avantage matrimonial hors succession, donc, hors taxation. Thierry Arnaud continue de la conseiller pour éviter de réintégrer une nouvelle créance en matière d’assurance vie dans la communauté au décès d’un époux - même si les récents arrêts et réponses ministérielles sont rassurants sur ce point – ou encore pour s’assurer que le conjoint pourra se voir attribuer, au titre de ce même avantage, le logement de famille, les meubles meublants ou tous autres biens que les époux ont la liberté de définir dans leur contrat.
Plus d'articles du même thème
-
RISQUES - La dangereuse volatilité des taux
En 2026, la forte dépréciation du dollar américain par rapport à l’euro est reconnue unanimement par les experts du marché comme le sujet de préoccupation numéro un des directions financières. Elle concerne particulièrement le secteur de l’aéronautique, du luxe, de la pharmacie, de la défense et de l’énergie (le pétrole étant coté en dollars américains). En résumé, « pour une entreprise dont les recettes sont en dollars et les coûts en euros, chaque centime de hausse de l’euro érode directement les marges », estime Karine Toubiana-Senbel, responsable vente salle des marchés à la direction des marchés et financements de La Banque Postale. Pour elle, le billet vert restera un cas particulier pour l’année en cours en raison de la rapidité de l’appréciation de l’euro qui dépasse le rythme de renouvellement des couvertures existantes, ce qui crée un désalignement entre le taux budgété et le taux de couverture disponible. « Le message implicite des directions reste constant : on couvre les marges à court terme, on accepte l’impact de translation comme un bruit comptable », poursuit-elle. -
RISQUES - Les directions financières aux avant-postes
Qu'ils soient géopolitiques ou économiques, les directions financières doivent aujourd’hui affronter un horizon de risques à 360°. -
Anthropic s'invite dans la réflexion des directions financières
IA - Dans un paysage technologique en constante évolutionpour l'ensemble des métiers, Claude semble tirer son épingle du jeu.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
VanEck émet un nouvel ETF pour miser sur l’économie spatiale
- Philippe Zaouati quitte Mirova
- Bercy acte la fin du référencement des autres FIA en assurance-vie
- La déferlante IA menace l'équilibre des portefeuilles actions et obligataires
- L’AMF va se doter d'un plan pour renforcer l’investissement des femmes
- SCPI : une nouvelle solution de marché secondaire mise sur l'analyse des portefeuilles
Contenu de nos partenaires
-
Première!2025, l’année où les conflits ont fait exploser les déplacements internes de population
Publié mardi, un rapport d'organismes internationaux dévoile que les guerres et violences ont augmenté les déplacements internes de populations de 60 % à l'échelle mondiale. Un recensement alarmant que les coupes budgétaires dans les structures humanitaires compliquent -
Sous pressionInflation américaine à 3,8 % : mauvais timing pour Donald Trump
Les prix à la consommation ont augmenté en avril à un niveau record depuis trois ans, alors que Donald Trump poursuit sa guerre en Iran et que son candidat Kevin Warsh se rapproche de la présidence de la Fed -
Cellule dormante2027 : sur les réseaux sociaux, l'autre campagne qui vient
Entre mise en scène personnelle, stratégies d’influence et mobilisation de communautés en ligne, Jean-Luc Mélenchon, Jordan Bardella et Gabriel Attal redéfinissent les codes de la présidentielle