Loi Pinel : un zonage qui ne tient plus compte de la réalité des territoires
Le maintien de la métropole brestoise en zone B2, devenue non éligible au dispositif Pinel de soutien à la construction neuve depuis le 1er janvier 2019, est ressenti avec beaucoup d’incompréhension. La demande locative est forte au sein des huit communes composant la métropole, et particulièrement dans le neuf. Un dynamisme porté largement par ce dispositif : près de 30% de la production des logements neufs sont issus du dispositif Pinel, au cours des dernières années. Avec la fin de l’éligibilité de la zone B2, les professionnels anticipent une baisse de 35% de la construction de logements neufs à Brest. Or, le parc de logements anciens brestois est vieillissant et ne se révèle plus adapté à la demande locative.
Fort de ses 400.000 habitants, Pays de Brest dispose de la deuxième aire urbaine de Bretagne, derrière Rennes. Croissance économique et démographique, taux de vacance locative faible et en baisse, l’agglomération offre toutes les caractéristiques d’un marché immobilier sain et attractif qui justifierait parfaitement son classement en zone B1. Les derniers chiffres du recensement rendus publics l’été dernier confirment, en effet, le dynamisme de la ville. Entre 2010 et 2015, la métropole brestoise a enregistré une augmentation moyenne de 800 ménages supplémentaires chaque année.
A Brest, le taux de vacance, critère décisif, est en effet moins élevé qu’à Nice, pourtant classé en zone B1, et s’approche davantage des taux de vacances recensés à Paris. Début 2018, celui-ci ressortait à 6,5% dans la ville bretonne, un taux nettement inférieur aux taux constatés dans le département du Finistère (7,9%) et en région Bretagne (7,7%). Mieux, quasiment aucune vacance n’existe dans le logement neuf, ou datant de moins d’une dizaine d’années.
Un mauvais signe envoyé à l’économie de la région
Brest n’est pas la seule ville bretonne concernée par la fin du dispositif Pinel. Quimper, Lorient, Lannion, Saint-Brieuc et Vannes sont aussi classées en zone B2. Seules les villes de Rennes et Saint-Malo devraient, par conséquent, continuer d’offrir des logements éligibles. Cette situation n’est pas satisfaisante. Au-delà du cas spécifique de la métropole brestoise, la promotion immobilière créé de l’emploi et contribue au dynamisme de l’économie. En enlevant certaines villes comme Brest de la liste des communes pouvant bénéficier de l’appui de la loi Pinel, le gouvernement envoie un mauvais signe aux acteurs locaux et régionaux, sans que cette exclusion géographique ne trouve une quelconque justification au vu des caractéristiques du marché immobilier de ville.
Si la métropole brestoise a pu contenir les prix des logements à des niveaux accessibles, ce n’est pas faute de demande locative, bien au contraire. L’expérimentation en cours, voulue par Julien Denormandie, le ministre chargé de la ville et du logement, lors des débats du projet de loi de finances 2019, devrait impérativement prendre en compte la réalité de nos territoires. Nous sommes encore loin du compte.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché secondaire poursuit son ascension dans le non-coté
Les transactions devraient s’élever à 280 milliards de dollars cette année et atteindre les 500 milliards à horizon 2030, selon un sondage annuel réalisé par Jasmin Capital. -
La Banque d’Indonésie relève ses taux pour défendre la roupie et sa crédibilité
Cette décision inattendue est plutôt bien perçue, car elle renforce l’image volontariste de la banque centrale qui pourrait choisir de poursuivre cette politique restrictive. Toutefois, cette seule mesure peut s'avérer insuffisante pour stabiliser durablement la devise. -
Le mouvement de concentration s’accélère dans le non-coté
Les gérants dépassant les 10 milliards de dollars d’actifs captent désormais plus de la moitié des levées de fonds mondiales. Depuis le début des années 2000, le nombre de leurs stratégies a été multiplié par plus de six.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Le dispositif Jeanbrun souffre d'un démarrage poussif
- Marc Riez (Vega IS) : «Nous avons engagé des discussions avec Novobanco au Portugal»
Contenu de nos partenaires
-
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais -
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts