«L’immobilier doit reprendre sa place de moteur de l'économie»
Regards croisés entre Blandine Fischer, Directrice Pôle Assurances/Finance d’Infopro Digital, organisateur de la Convention Patrimonia,
et Guy Marty, Directeur général de l’IEIF (Institut de l’épargne immobilière et foncière)
Guy Marty:
«L’un des grands enjeux d’aujourd’hui est que la sphère financière revienne vers l’économie réelle afin de la financer d’une façon ou d’une autre. Il faut faire en sorte que l’épargne à long terme contribue de façon plus importante à la prospérité économique. Dans ces conditions, le placement immobilier reprend tout son sens. Qu’il s’agisse de loger des particuliers ou des entreprises, ou qu’il s’agisse de participer aux innovations liées à ce secteur en pointe sur l’énergie, l’immobilier est au cœur du système et ce pan de l’économie pourrait, à l’avenir, être privilégié par les investisseurs institutionnels ou particuliers.
L’immobilier, toujours dévalorisé…
Il faut l’avouer, jusqu’à présent, les politiciens comme les économistes ont toujours évoqué l’immobilier comme un placement stérile: « il faut bien loger les ménages comme les entreprises; donc il faut construire des immeubles et des bureaux…». Cette façon condescendante de parler de l’immobilier comme un passage obligé est injuste! Les Pouvoirs Publics n’ont jamais considéré l’immobilier comme un secteur à part entière de l’économie, avec ses entreprises pouvant avoir un poids dans la croissance du pays. Pour preuve: la pierre n’a jamais été admise dans le PEA ou les plans d’épargne retraite...
Il est vrai que si l’on se réfère aux Trente glorieuses, ces dernières se sont faites dans le progrès technique. Grâce à celui-ci, nous avons bénéficié d’un réel essor économique, lequel a permis que nous accédions à l’immobilier. Mais l’immobilier n’était pas le moteur, il n’était pas à l’origine de ces années de croissance. On pouvait donc faire de l’économie sans se soucier de l’immobilier.
… doit reprendre une place gratifiante de «moteur de l’économie».
Aujourd’hui, cela n’est plus vrai pour 3 raisons.
1. L’immobilier est une activité non délocalisable et est créatrice d’emplois, depuis les moins qualifiés jusqu’aux plus sophistiqués. Ces investissements dans des constructions moins consommatrices d’énergie génèrent tout un pan d’activité également non-délocalisable, créatrices d’emplois et ayant un effet « contagion » sur les économies locales.
2. L’immobilier est lié étroitement à l’un des grands défis de l’économie actuelle, qui est lecontrôle des dépenses d’énergie. Or, ces dernières se font principalement dans les logements, les bureaux, les commerces, etc. Tout ce qui concerne l’investissement dans l’immobilier pour optimiser la consommation d’énergie est donc le premier défi économique. Le but est d’offrir le même service avec moins de dépenses. La même chose pour moins cher, cela s’appelle de la productivité qui libère des ressources pouvant aller ailleurs dans l’économie. Les économies d’énergie correspondent incontestablement à un nouveau moteur de croissance et celui-ci se trouve dans le secteur de l’immobilier.
3. L’immobilier induit, aujourd’hui, tout un travail d’innovation, de recherche de nouvelles techniques de construction, de nouveaux matériaux, de nouvelles façons de sourcer ou de gérer l’énergie qui sont au cœur des évolutions technologiques. Le secteur est une place forte d’innovations, donc de croissance, dans l’hexagone mais aussi à l’international
Conclusion: alors qu’autrefois - jusque dans les années 90-2000 - l’on pouvait faire de l’économie sans immobilier, aujourd’hui, il est, au contraire, au cœur de l’évolution économique. L’argent qui va vers l’immobilier (entreprises industrielles investissant dans la recherche dans le bâtiment, fonds de pension achetant ou transformant des parcs immobiliers d’entreprises ou de logement ou particuliers faisant du placement immobilier) nourrit une chaîne aujourd’hui extrêmement vertueuse pour l’économie. Ce mouvement est donc appelé à s’accroître…
Blandine Fischer
«Cet avenir positif pressenti pour l’immobilier est en tout cas de bon augure pour les investisseurs comme pour les professionnels du conseil patrimonial dont les clients restent attachés à la Pierre. En effet, dans le domaine des placements, l’une des règles fondamentales pour reconnaître une bonne affaire est son utilité économique.
Partir de ce postulat pour sélectionner les bons placements est indispensable, mais ne doit toutefois pas constituer le seul critère de choix. Certains placements reconnus utiles pour la collectivité peuvent ne pas satisfaire les investisseurs sur le plan des rendements, notamment. Par exemple, ce n’est pas parce que la population française vieillit et que les divers modes d’hébergement pour personnes âgées sont donc d’une grande utilité, que tous représentent de bonnes affaires pour des investisseurs particuliers. De même, ce n’est pas parce que la France manque de logements que tous les appartements sont intéressants pour un bailleur locatif. Il y a des villes où il n’est pas intéressant d’investir car la démographie y est en recul et que l’économie n’y est pas assez florissante pour assurer un marché locatif attractif.
C’est là qu’interviennent évidemment les compétences des conseillers en gestion de patrimoine, aptes à décortiquer un produit et à conseiller leurs clients sur son intérêt ou pas. Ils seront nombreux en septembre, à la Convention Patrimonia, à discuter de cette thématique immobilière, et à assister à la conférence «Investissement immobilier: entre outil d’optimisation fiscale et outil patrimonial», animée entre autres par Guy Marty, c’est certain!»
Source : Communiqué
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