«Les banques ont pris les devants sur la renégociation du crédit»
Les taux restent encore assez attractifs. Mais jusqu'à quand ?
C’est assez difficile d’avoir des certitudes. En septembre 2014, personne ne s’attendait à la baisse historique des taux en avril 2015 ! Mais d’ici à la fin de l’année nous prédisons une certaine stabilité des taux. On ne retrouvera certainement pas les planchers de taux que l’on a atteint en mai où un crédit était accordé à 2,05% en moyenne sur 15 ans et à 2,35% sur 20 ans. Voire en-dessous de 2% après négociation. Malgré le retour des primo-accédants et de l’investissement grâce au dispositif Pinel, nous ne sommes pas encore dans un marché de reprise.
A lire également sur l’AgefiActifs.com :L’investissement fait à nouveau bondir les ventes de logements neufs
On observe un resserrement des conditions de crédit depuis plusieurs mois, marquant une plus grande sélectivité des banques. Qu’est-ce qui a changé pour les clients ?
Il y a encore quelques mois, de très nombreux acteurs bancaires pratiquaient le financement à 110%, c’est à dire tous frais inclus. Aujourd’hui, le manque d’apport est mal vu par ces organismes de crédit. Ils sont devenus plus sélectifs sur les profils qu’ils ont face à eux. Ce revirement s’est produit avec l’explosion de leurs objectifs de crédits cette année. Selon la Banque de France les banques devraient produire +33% de crédits en 2015 par rapport à 2014 (170 milliards contre 114 milliards, ndlr). Sur le réseau Empruntis c’est entre +20% et +30%. Les profils avec une situation professionnelle moins stable ont donc moins de choix et moins de débouchés.
L'évolution de la production de crédits immobiliers en France :
(Source : Banque de France)
Les hauts profils sont donc choyés par les banques ?
Absolument, car les banques travaillent de plus en plus sur leur rentabilité. Elles recherchent ceux qui sont susceptibles d’acheter des produits d'épargne, d’assurance, au-delà du crédit immobilier. Mais aujourd’hui elles sont aussi attirées par les clients en devenir. Au premier rang, les jeunes qui ont des perspectives de carrière et salaire plus élevées à moyen terme. Davantage qu’une famille aux revenus modestes avec 4 enfants qui ne dispose pas d’une grosse perspective d’avenir.
>A lire aussi :Les taux immobiliers encore très attractifs sur «les chouchous» des banques
Cela-dit, le resserrement du crédit pour les profils plus modestes pourrait ne pas durer. Les banques sont déjà tournées vers leurs objectifs de 2016 qui se préparent dès maintenant.
La renégociation de crédit est-elle encore possible où avons-nous déjà dépassé un cap ?
Disons qu’il reste beaucoup moins de dossiers susceptibles d'être renégociés qu’au Printemps. Mais il n’est pas encore trop tard. Nous avons notamment connu récemment un client qui venait renégocier un crédit immobilier à 5%... Celà-dit, les banques ont pris les devants sur la renégociation du crédit désormais. Elles proposent elles-mêmes à leurs clients de revoir leur taux. Cela permet d'éviter au client d'être tenté d’aller voir ailleurs. Ce qui n'était pas du tout le cas il y a trois ans encore.
En revanche, on sent un mouvement progressif en sens inverse. Certaines banques appliquent des surcotes sur la renégociation. Elles appliquerontpar exempleun taux à 2,70% au lieu de 2,60% pour un crédit classique. Car un dossier de renégociation est moins rentable qu’un nouveau dossier.
Plus d'articles du même thème
-
AllianzGI repense son offre à destination des CGP
Pour la filiale de gestion d'actifs de l’assureur allemand, la distribution intermédiée et le wholesale restent un relais de croissance intéressant malgré une collecte atone depuis le début de l’année. -
L’IA pourrait pousser les entreprises à réduire leurs effectifs d’au moins 10% d’ici 2030
Près de la moitié des entreprises étudiées par le BCG estime créer de la valeur grâce à l’intelligence artificielle. Les banques font partie des acteurs les plus engagés. -
L’inflation atteint des sommets partout en zone euro
Les prix ont continué à s’envoler en septembre en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, ce qui devrait donner des arguments aux gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) en faveur d’un nouveau durcissement monétaire d’ici à la fin d’année.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Contenu de nos partenaires
-
Auto, habitation, santé : ces taxes sur les assurances qui vont peser sur le budget des ménages
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit 200 millions d’euros de surtaxe sur les conventions d'assurance automobile, mais aussi une contribution « émeutes » sur tous les contrats et une hausse de la taxe attentat -
Guerre en Ukraine : « Il est probable que les Russes procèdent à des frappes de terreur »
Pour le député Jean-Louis Thiériot, de retour de Kiev, les Ukrainiens tracent la voie d’un grand nombre d’innovations à adopter dans le domaine du combat terrestre. -
L’annulation des résultats aux municipales dans deux villes remet-elle en cause l’entrée de LFI au Sénat ?
La justice a confirmé mardi l’annulation de l’élection des maires LFI de Vénissieux et Vaulx-en-Velin… qui viennent de contribuer à envoyer un insoumis au Sénat.