Le Bofip intègre les mesures annoncées sur les cessions de terrains à bâtir
Après avoir tenté de les soumettre au barème de l’impôt sur le revenu ou encore de supprimer leur abattement pour durée de détention, le gouvernement vient finalement d’améliorer le régime d’imposition des plus-values en cas de cession d’un terrain à bâtir. En effet, le 29 août dernier, le premier ministre a annoncé une série de mesures destinées à relancer la construction immobilière. Preuve de l’urgence, des dispositions sont entrées en vigueur dès le 1er septembre 2014. Parmi celles-ci, figure une modification du régime d’imposition des plus-values lors d’une cession de terrain à bâtir. La taxation est en effet alignée sur celle des autres biens immobiliers et un abattement exceptionnel de 30 % est créé. Un Bofip du 10 septembre 2014 commente ces nouvelles mesures.
Le régime d’imposition calqué sur les biens immobiliers. Le régime d’imposition des plus-values des terrains à bâtir calqué sur les autres biens immobiliers s’applique aux cessions réaliséesà compter du 1erseptembre 2014. Il reprend la même cadence et les mêmes taux d’abattement pour durée de détention tant en matière fiscale que sociale.
Ainsi pour l’impôt sur le revenu, l’abattement pour durée de détention est de6 % pour chaque année de détention au-delà de la 5ème et jusqu'à la 21ème et 4 % pour la 22ème année révolue de détention. Par conséquent, les plus-values sont désormais exonérées totalement au bout de 22 ans au titre de l’impôt sur le revenu, contre 30 ans avant le 1er septembre 2014.
S’agissant des prélèvements sociaux, l’abattement pour durée de détention est de1,65 % pour chaque année de détention au-delà de la 5ème et jusqu'à la 21ème, 1,60 % pour la 22ème année de détention et 9 % pour chaque année au-delà de la 22ème. Le décalage persiste donc entre l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, l’exonération totale ayant lieu dans ce cas au bout de 30 ans.
Le Bofip précise que ce nouveau régime est, globalement, plus favorable et ce quelle que soit la durée de détention des biens concernés (au-delà de cinq ans).
Un abattement exceptionnel de 30 %. Aussi, alors qu’a pris fin l’abattement exceptionnel de 25 % sur les plus-values en cas de cessions de biens immobiliers hors terrain à bâtir, un abattement exceptionnel de 30 % s’applique désormais exclusivement sur les plus-values en cas de cession de terrains à bâtir ou de droits s’y rapportant. Cette mesure concerne aussi bien la détermination de l’assiette imposable à l’impôt sur le revenu qu’aux prélèvements sociaux.
Pour bénéficier de cet abattement, deux conditions sont à respecter. Tout d’abord, la cession doit être précédée d’une promesse de vente ayant acquis date certaine entre le 1erseptembre2014 et le 31décembre2015. Ensuite, la cession doit être réalisée au plus tard le 31décembre de la deuxième année suivant celle au cours de laquelle la promesse de vente a acquis date certaine, soit au plus tard le 31 décembre 2017.
L’abattement exceptionnel de 30% se calcule sur l’assiette nette imposable des plus-values immobilières, après notamment prise en comptede l’abattement pour durée de détention, calculé selon les nouvelles dispositions, etde la compensation des plus et moins-values.
L’abattement exceptionnel concerne les cessions de terrains à bâtir ou de droits s’y rapportant, réalisées par les particuliers ou les sociétés ou groupements qui relèvent de l’article 8 du CGI, de l’article 8 bis du CGIet de l’article 8ter du CGIainsi que par les contribuables non domiciliés fiscalement en France assujettis à l’impôt sur le revenu.
En revanche, ces cessions doivent être réalisées au profit d’un tiers et non d’un proche. En effet, l’abattement exceptionnel ne s’applique pas dès lors qu’il y a cession à un proche (conjoint, son partenaire lié par un pacte civil de solidarité, son concubin notoire, un ascendant ou descendant du cédant ou de l’une de ces personne), à une personne morale dont le cédant ou un proche est un associé ou qu’il le devient à cette occasion.
Ce bofip est signé parChristian Eckert, Secrétaire d’Etat au Budget, auprès du ministre des Finances et des Comptes publics.
Plus d'articles du même thème
-
«Nous avons ramené les portefeuilles vers une légère surpondération des actifs risqués»
Mathieu Pivovard, responsable de la gestion diversifiée, Allianz Global Investors -
State Street IM collecte 49 milliards de dollars au premier trimestre 2026
La société de gestion américaine a perdu 86 milliards de dollars sur les marchés au cours des trois premiers mois de 2026. -
La croissance chinoise résiste contre vents et marées
La Chine se montre résiliente, avec 1,3% de croissance au premier trimestre. En revanche, la crise immobilière n’est pas encore résolue et pèse toujours sur la consommation des ménages.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- La « grande transmission » redéfinit le comportement des épargnants
- Deux traders et un gérant de fortune condamnés dans l'affaire Air Liquide
- Le non-coté progresse chez les particuliers
- Abeille Assurances retrouve une collecte nette positive en assurance-vie
Contenu de nos partenaires
-
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur -
Sécurité nationale : un rapport s'alarme de la dépendance des pays européens concernant la tech américaine
Selon un rapport du groupe de réflexion Future of Technology Institute, plus des trois quarts des pays européens utilisent des services de cloud américains pour des fonctions essentielles à leur sécurité nationale -
Indemnisation des ruptures conventionnelles : Les partenaires sociaux « affligés » par le rejet surprise de leur accord à l’Assemblée nationale
Jeudi soir, la faible présence du bloc central dans l'Hémicycle a permis à la gauche de rejeter la transposition d'un tour de vis sur le régime d'indemnisation des ruptures conventionnelles, pourtant objet d'un accord formel entre syndicats et patronat