Immobilier : une année 2016 porteuse
Il y a des années qui sont meilleures que d’autres. 2017 commence à peine et les différents réseaux immobiliers font le bilan de l’année écoulée. 2016 aura été incontestablement une année à classer dans le haut du panier. «La parenthèse enchantée, connue tout au long de l’année 2016, alliant taux bas et baisse des prix, a porté ses fruits», indique le réseau Guy Hoquet, qui comptabilise un volume de ventes en France en hausse de 11,5 % pour l’année 2016. Même son de cloche chez le réseau Laforêt qui enregistre un volume de transactions de 12,8 %. «Dans la continuité de 2015, le marché de l’immobilier bénéficie de conditions très favorables. On parle déjà d’un très grand cru qui n’est pas sans rappeler l’année 2007», précise Yann Jehanno Directeur Exécutif du Réseau Laforêt.
«Nous avons enregistré une progression historique de nos promesses de vente de l’ordre de 15,1 % par rapport à 2015. Toutefois après une baisse ininterrompue depuis 2012, dans ce contexte de forte dynamique les prix connaissent une hausse très contenue de 1,7 % au niveau national. Le prix moyen au m2 s’établit à 2.522 euros, toujours en deçà du niveau observé en 2012 qui était de 2.614 euros à l’époque», précise Laurent Vimont Président de Century 21 France. Cette hausse des prix se constate assez logiquement dans les zones tendues. Ainsi à Paris, alors que le prix moyen au m2 avait reculé de 2,2 % en 2015, il remonte de 4,9 % sur un an pour atteindre 8.447 euros en 2016. «Ce qui représente 400 euros de plus que l’année précédente. Cela a une incidence sur le montant moyen d’une transaction qui atteint des sommets: 422.098 euros. A titre de comparaison, il y a dix ans, ce montant moyen ne dépassait pas 248.386 euros», indique Laurent Vimont. Cette hausse des prix sur l’agglomération parisienne accentue le phénomène de gentrification (les classes les moins aisées se reportent sur les marchés de la périphérie) à l’œuvre depuis plusieurs années.
Cette hausse des prix se propage également au niveau francilien puisque après quatre années consécutives de baisse des prix, Century 21 constate une progression de 1,4 % du prix moyen au m2 en 2016 pour s’établir à 3.150 euros (3.527 euros pour les appartements et 2.870 euros pour les maisons). « A l’exception de la Seine-Saint-Denis dont le prix moyen recule de 2,9 % avec pour conséquence, un dynamisme spectaculaire du marché dans la mesure où notre réseau a vu les ventes bondir de 24,3 % sur un an dans ce département», indique Laurent Vimont. Cette absence d’homogénéité entre les zones géographiques se retrouve également au niveau régional où onze régions enregistrent une hausse des transactions alors que les autres voient au contraire leurs prix chuter.
Le niveau exceptionnellement bas des taux d’intérêts a évidemment joué un rôle moteur dans cette reprise du marché. «Le montant moyen du financement représente 80,4 % du prix du logement en 2016 contre 76,4 % l’an dernier. Ce qui illustre l’utilisation du levier du crédit par les ménages pour acheter plus grand», précise Laurent Vimont. «Sur les quatre dernières années, entre la correction des prix et le recul des taux d’intérêts, les Français ont connu une importante augmentation de leur pouvoir d’achat immobilier», indique le réseau Laforêt.
Quant à savoir si l’année 2017 prolongera ou pas l’état de grâce, les réseaux se montrent prudents. «Si les taux n’augmentent pas de manière à dé-solvabiliser les acquéreurs, on peut penser que 2017 s’inscrira dans la tendance de 2016, même si la période pré-électorale porte en elle le risque de créer quelques turbulences», indique Fabrice Abraham, Directeur Général du réseau Guy Hoquet l’Immobilier. «Au-delà du contexte électoral français, la crainte d’une remontée des taux d’intérêt pourrait même inciter les attentistes à passer à l’achat au cours du premier semestre de l’année 2017», indique le réseau Laforêt. L’ombre au tableau pourrait venir des prix de mise en vente. «Les vendeurs au cours du dernier trimestre 2016 ont élevé leurs prétentions financières afin d’anticiper la hausse des prix. Ce qui a immédiatement provoqué un rallongement des délais de vente et ralenti l’activité», prévient Laurent Vimont.
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