Les investisseurs institutionnels anticipent une crise financière mondiale à court-moyen terme
Danse sur un volcan. Les investisseurs institutionnels ne sont guère optimistes sur l’état de la finance mondiale. Au point d’être 83 % à anticiper une crise financière mondiale dans les cinq prochaines années. Pis, 58 % d’entre eux l’envisagent d’ici un à trois ans. Les raisons ne sont pas précisément établies mais il reste que neuf investisseurs sur dix interrogés par Natixis Investment Managers dans le cadre d’une enquête internationale conduite auprès de 500 acteurs de ce type (fonds de pension privés, fonds de dotation et fondations, fonds de pension publics ou gouvernementaux, compagnies d’assurance et fonds souverains) à travers l’Europe, l’Amérique du Nord, l’Amérique Latine, l’Asie et le Moyen-Orient, ont fait part de leurs préoccupation du niveau record de la dette publique. A ce titre, 89 % s’inquiètent des répercussions sur l'économie mondiale.
Au-delà de l'état des finances publiques et de la menace d’un ralentissement économique, les investisseurs institutionnels surveillent aussi de près le contexte politique mondial qui continue de semer le doute sur le marché. Près de sept sur dix (69 %) considèrent que l’ingérence étrangère dans les élections devient un problème croissant dans le monde, et 64 % des répondants pensent que la campagne pour l'élection présidentielle américaine sera probablement une source majeure de volatilité des marchés.
,
, Dans l’immédiat, ces professionnels dont les actifs sous gestion s’élèvent à plus de 15 000 milliards de dollars pointent la volatilité, la persistance d’un environnement de taux historiquement bas et les tensions politiques comme des préoccupations majeures en 2020. Dans le détail, plus des trois quarts (77 %) des investisseurs institutionnels anticipent une volatilité accrue sur les marchés d’actions, et 62 % d’entre eux projettent une plus grande volatilité des marchés obligataires. Côté taux, toujours selon l’enquête, plus de la moitié des sondés (56 %) pensent que les obligations à rendement négatif seront toujours plus nombreuses en 2020, et 54 % craignent que les banques centrales ne disposent pas des outils nécessaires pour gérer une nouvelle crise.
Enfin, parmi les solutions avancées pour combattre ces éléments qui menacent les marchés à court terme, trois quarts (75 %) des investisseurs institutionnels favorisent la gestion active. Plus de deux tiers (64 %) des institutionnels ont également intégré une dimension ESG dans leurs portefeuilles et 54 % d’entre eux reconnaissent que les stratégies ESG contribuent à la création d’alpha. De fait, près de quatre investisseurs sur dix (37 %) voient ces stratégies comme un outil d’optimisation du risque.
,
Plus d'articles du même thème
-
La crise de croissance de l'IA fait douter les marchés
Les appels, étonnants, à un ralentissement du développement des modèles d’IA avancée par Anthropic, SpaceX et OpenAI, qui a par ailleurs reporté son introduction en Bourse, provoquent de nouvelles turbulences sur les marchés. Ces derniers continuent de s’interroger sur la monétisation et la rentabilité de ces technologies. -
L’Amafi s'alarme de la baisse de détention directe d’actions cotées par les ménages
L’association prône une fiscalité prévisible, lisible et non pénalisante. Surtout, elle s’oppose à toute nouvelle taxe sur les transactions financières et invite à un élargissement du PEA et au développement d’une part de retraite par capitalisation. -
Stéphane Boujnah ravive le fantasme d'un rapprochement entre Euronext et Deutsche Börse
Le dirigeant de l’opérateur boursier européen estime qu’une telle opération ferait sens tout en précisant qu’aucune discussion n’avait été engagée entre les deux parties et que les obstacles réglementaires à un tel projet seraient importants.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
Contenu de nos partenaires
-
Punchlines« Diplomate des affaires » ou « cheval de Troie de Carlos Ghosn » : quel rôle jouait Rachida Dati au Parlement européen ?
L’ancienne ministre est soupçonnée d’avoir fait du lobbying au profit de Renault en contrepartie de 900 000 euros d’honoraires -
#DigitalCitizen« IApocalypse » : Anthropic et OpenAI, les apprentis sorciers
Les géants de l’intelligence artificielle appellent à freiner maintenant le développement de leurs modèles. Pour mieux accélérer demain -
Pour la première fois, le Pentagone alerte officiellement sur une pénurie de munitions face à l'Iran
Dans un rapport remis ce lundi au Congrès, l'inspecteur général du Pentagone alerte sur un stock de munitions en forte baisse et un tissu industriel de la défense qui peine à tenir la cadence