« La hausse va se poursuivre sur les actions américaines »
(Traduction de l’interview)
L’Agefi Actifs - Depuis novembre dernier et l’élection de Donald Trump les marchés actions américains ont connu une période euphorique. Quel sera l’évolution des actions dans les mois prochains ?
Christian Preussner - Pour le reste de l’année nous anticipons que la hausse sur les actions américaines va se poursuivre. Jusqu’à présent nous avons observé un environnement de marché assez divisé. D’abord, un secteur financier particulièrement euphorique qui a affiché l’une des meilleures performances de l’indice S&P500. Mais depuis le début de l’année 2017 un certain attentisme a été observé sur ce secteur. D’autres ont pris le relai à l’image des valeurs technologiques.
Pour le reste de l’année nous nous attendons à une accélération plus marquée des revenus par actions des entreprises. Au premier trimestre, les résultats de certaines entreprises ont été assez surprenants par leur ampleur, nous anticipons qu’ils se poursuivront sur le reste de l’année.
Concernant le programme de Donald Trump, quel peut être l’impact sur les actions des projets de réduction massive d’impôts pour les entreprises et de dérégulation financière ?
- L'évolution sur les actions depuis novembre dernier a été déterminée par l’annonce de ces deux mesures. Le projet de dérégulation a eu un impact sur l’évolution des services financiers, le projet de réforme fiscale a quant à lui influencé l’évolution des petites et moyennes entreprises. L’indice Russel 2000 (un indice qui mesure l’évolution des valeurs small-caps aux Etats-Unis, NDLR) a par exemple massivement surperformé le S&P 500 car logiquement ces petites entreprises bénéficieront le plus de la réforme fiscale, étant davantage soumises à une taxation domestique sur leurs revenus.
La réforme fiscale viendra, la dérégulation viendra, il s’agit d’une question de temps. Je ne m’attends pas à ce que ces mesures soient prises avant l’été. Cela prendra sans doute plus de temps si l’on se fie aux vifs débats qui ont suivi le projet de réforme sur la santé. Mais les marché intègrent déjà le fait que ces deux mesures seront bientôt adoptées.
Mais lorsque l’on se remémore l’échec de l’administration Trump à abroger l’Obamacare, n’est-on pas en droit de s’interroger sur la possibilité réelle de l’exécutif américain d’imposer ces mesures cette année voire même l’année prochaine ?
- Observons les choses sur le plus long terme : le marché américain vit depuis des années avec 35% de taux d’imposition sur les entreprises, ce qui fait des Etats-Unis l’un des rares pays de l’OCDE à ne pas avoir modifié son taux d’imposition depuis dix ans. La question doit être traitée aux Etats-Unis si l’on se compare aux plus grandes économies mondiales qui proposent des niveaux de fiscalité inférieurs et ont baissé ces niveaux durant les dix dernières années. Donc la question porte davantage sur le moment où cette diminution verra le jour car je pense qu’il y a un besoin clair d’offrir davantage de compétitivité sur le marché intérieur américain et dans un contexte plus global pour gagner en compétitivité.
Une autre donnée très importante pour le marché actions dans les prochains mois c’est la politique monétaire menée par le Réserve Fédérale. Le mouvement de hausse des taux a démarré en décembre 2016. Vous attendez-vous à deux hausses comme l’institution le sous-entend ?
- C’est effectivement notre prévision. Nous pensons que la Fed a les moyens de le faire au vu de la reprise économique et du taux de chômage qui atteint des niveaux historiquement bas. La hausse des salaires s’observe également et l’inflation est à un niveau respectable. La Fed a donc le champ libre pour poursuivre son resserrement. Deux hausses me semblent raisonnables ce qui aura sans nul doute un impact sur les valeurs sensibles à la politique monétaires : les banques et les compagnies d’assurance en premier lieu.
Vous avez donc une vision optimiste de l’évolution des actions sur les prochains mois ?
- Tout à fait. Nous avons déjà observé une hausse de 6% au premier trimestre, ce qui est assez remarquable sur le marché actions américain en comparaison avec les années précédentes. Nous prévoyons donc une poursuite du mouvement. La hausse des revenus par actions des entreprises devrait participer à ce mouvement.
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