Epargne : les contradictions des milliennials

Les acteurs en ligne ont encore du chemin à faire pour répondre à des exigences parfois difficiles à concilier.
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 -  (Pixabay)

Ils veulent investirsur des plateformes en ligne, mais ne leur font pas confiance. Ils veulent avoir accès à des placements responsables, un service gratuit ou presque et un rendement élevé. Les millenialssont pétris de contradictions si l’on se fie à l'étude d’Amplegest, de Spirica et d’Insight AMsur l'épargne digitaledévoilée ce mercredi 7juillet (1).

Une génération«néeen critiquant», des mots dePascal Koenig, président d’Insight AM, tenus lors de la conférence de présentation des chiffres. Un tiers des millenialsblame lesacteurs patrimoniaux pour leurincapacité à expliquer l’investissement de façon claire.Ils leur reprochentégalement de ne pas les accompagner correctement ni de suffisamment s’adapter à leurs besoins.Au total, 80% ont des griefs contre leur conseiller, soit 30 points de plus que les plus de 65 ans.

C’est pourtant cette génération que les acteurs digitaux vont devoir conquérir :ils sont 45 % à avoir dégagé un excédent destiné à l'épargne longue pendant la crise sanitaire,moins dirigée vers l'épargne de précaution que les autres tranches d'âges. Le président d’Amplegest, Arnaud de Langautier, en est convaincu :« ce sont eux qui vont pousser le nouveau modèle digital de l’épargne », a-t-il affirmélors de la présentation de l'étude. La moitié des 25-34 ans est en effet prête à investir son épargne longue sur une plateforme en ligne.Leurouverture d’esprit aux nouvelles expériences doublée d’une forme d’automie en font des cibles parfaites pour les acteurs d’Internet. Attention néanmoins à l’overdose, prévient Arnaud de Langautier :« Aregarder tout le temps l’état de son épargne sur son smartphone, on est soumis aux émotions et à l’instantanéité. On adopte un comportement de mouton de panurge, et tout le monde peut paniquer très vite.»

Pour les 25-34 ans,la souscription se fait d’ailleurs en priorité sur le mobile (26% des sondés) et souvent sur des placements responsables (24%).Les critères de sélection les plus prégnants sont le faible prix des prestatations (21%) et le conseil (19%). Ce n’est pas tout : la confiance enl’acteur et sa notoriété sontégalement importants pour eux, un critère que les plateformes ne remplissent pas actuellement d’après eux.

Qu’on ne s’y méprenne pas, les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) ont une carte à jouer dans ce virage numérique.Le premier conseil des jeunes reste leur famille. Aussi, le CGP qui les conseille «a un boulevard devant lui», pense Arnaud de Langautier.« UnCGP équipé d’une interface digitale est peut-être la solution, plutôt qu’une plateforme», s’interrogePascal Koenig.

(1) «Regard des épargnants sur l’épargne digitale et sur ses potentialités de développement». Etude réalisée sur la base d’entretiens du 12 au 19 mai en interrogeant 1.040 personnes issues du panel OpinionWay possédant une assurance-vie, un PEA ou un compte-titres et/ou ayant une épargne de plus de 10.000 euros

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