EdRAM lance un fonds ciblant les ressources humaines
Des bureaux désertés, des rendez-vous d’équipe en visio, des pauses café virtuelles… Depuis que la crise sanitaire rythme nos journées de travail, une évidence s’est faite encore plus forte qu’avant : une entreprise n’est rien sans ses salariés. Le capital humain a brutalement été remis sur le devant de la scène, rappelant à tous qu’il est le premier facteur du succès d’une société. Pourtant, toutes n’ont pas développé de politique RH ambitieuse et beaucoup rechignent encore à engager les moyens nécessaires pour cela. Certaines sociétés se distinguent toutefois du lot et Edmond de Rothschild Asset Management (Edram) a décidé d’en profiter.
Surperformer grâce aucapital humain
La société de gestion a présenté mercredi 5 mai son nouveau fonds actions internationales, EDR Fund Human Capital. Son portefeuille, qui contient entre 40 et 50 valeurs, est divisé en deux parties égales. La première regroupe des entreprises de tout secteur, qui se démarquent par la qualité de leur management ou leur politique RH favorisant notamment la formation, la diversité et la rétention des employés. L’autre moitié rassemble des sociétés répondant à un des enjeux du capital humain, tel que la formation, le savoir et la protection. On retrouvera donc des noms connus comme la plateforme Slack, Alphabet, la maison mère de Google, Tal Education, leader du soutien scolaire en Chine ou bien encore Randstad. « Les gérants passent au crible les valeurs éligibles, grâce au modèle propriétaire de notation extra-financière, en complément d’une analyse financière approfondie, explique Edram dans un communiqué. Ils prennent notamment en compte le nombre d’heures de formation dispensées aux salariés, le turn-over ou encore les classements de sociétés plébiscitées par leurs employés. »
Labellisé ISR, EDR Fund Human Capital vise à surperformer son indice de référence, le MSCI AC World, sur l’horizon d’investissement recommandé de cinq ans. Le tout avec un impact sociétal positif. Le fonds se veut une réponse à un constat issu d’une étude d’Edram : les entreprises investissant dans le capital humain génèrent des performances supérieures sur le long terme.
Se préparer aux métiers dedemain
Comme pour beaucoup de fonds thématiques, la question de la profondeur de l’univers d’investissement se pose. Du côté d’Edmond de Rothschild, on dit pouvoir s’appuyer sur des tendances structurelles, notamment le vieillissement de la population et le développement des nouvelles technologies qui poussent sans cesse les entreprises à investir dans leur capital humain. Former les salariés pour maintenir leurs compétences à jour devient effectivement clé, encore plus dans un monde qui se digitalise à marche forcée. D’autant que, selon Edram, « la majorité des emplois de 2030 n’existent pas encore aujourd’hui ».
Côté conjoncture, la crise sanitaire a fait office de crash test pour la qualité des ressources humaines des entreprises et a remis « au centre des débats de nombreuses thématiques sociales comme la santé publique, les chaînes d’approvisionnement, l’emploi, les inégalités et les ressources humaines », énumère la société de gestion.
Si la thématique relève davantage du bon sens que de l’originalité, elle se distingue néanmoins par sa pertinence. Edram lance son fonds au moment où la plupart des entreprises doivent se remettre en question sur plusieurs plans. Beaucoup pensent que celles aux politiques RH les plus abouties parviendront à dégager un avantage concurrentiel sur les autres.
Une théorie forcément séduisante mais difficile à vérifier pour l’instant.
FICHE TECHNIQUE :
Code ISIN Classe A : LU2221884310
, Droits d’entrée :3 % max
, Montant minimum de la souscription initiale : 1 part
, Frais de gestion : 1,5 % TTC max
, Frais de gestion variables : 15 % de la surperformance au-dessus de l’indice MSCI World
, L’avis de l’expert En complément de son analyse, la rédaction vous proposera désormais, pour chaque produit présenté, l’analyse d’un professionnel (CGP, banquier, fournisseur de produit...). Pour faire partie du panel de contributeurs, contactez la rédaction redaction_actifs@agefi.fr. Grégory Lecler - CGP - Président de Prudentia Les + : EdRAM, société de gestion renommée et historique (60 ans) propose une gestion de convictions. La notion de «Capital Humain», au même titre que les approches ISR ou encore ESG, est dans «l’air du temps». Les performances historiques sont indéniables. Et il apparaît assez évident qu’une entreprise qui négligerait le bien-être au travail de ses salariés, ou encore leur formation continue, finirait par perdre en compétitivité et sa performance économique en serait alors impactée. Les - : La récente chute du PDG de Danone est là pour nous rappeler que «sociétés à mission» mettant en avant des enjeux sociétaux ne rime pas nécessairement avec «réussite boursière». A contrario, les exemples de réussites boursières de sociétés «a-morales » sont nombreux et la bascule vers un capitalisme «parties prenantes» ne se fera pas sans heurts. Les investissements dans le «capital humain» paraissent donc nécessaires mais certainement pas suffisants à la réussite boursière. Mon bilan : Rappelons que la performance d’un portefeuille repose, pour l’essentiel, sur l’allocation dite «stratégique», c’est-à-dire la répartition entre les différentes classes d’actifs (actions/obligations/or/etc…). L’impact du «stock picking» n’est que marginal. La gestion thématique peutdonc en améliorer la performance globale mais il ne faut pas en attendre des «miracles». ,
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