2020 sera l’année du capital-investissement dans l’assurance-vie française
Bertrand Tourmente, fondateur d’Althos Patrimoine
Malgré un contexte économique et politique incertain, en raison principalement de la guerre commerciale exacerbée entre les Etats-Unis et la Chine, les marchés financiers ont connu un exercice 2019 inattendu. Les marchés actions ont ainsi conclu l’année avec des performances haussières quasi historiques. En France, le CAC 40 a progressé de près de 27% pour dépasser le seuil des 6.000 points pour la première fois depuis 12 ans. L’ensemble des places boursières européennes ont été au diapason, l’indice Stoxx Europe 600 ayant augmenté de 23,1% au cours de l’année écoulée.
Rien ne dit pourtant que ces performances se répéteront en 2020. D’autant que les valorisations peuvent aujourd’hui apparaitre particulièrement élevées. Si les actions peuvent toujours constituer un moteur de performance dans un portefeuille d’investissement, les épargnants devront être sélectifs dans leurs choix de valeurs et faire évoluer leur exposition en fonction des événements économiques et géopolitiques, principales sources d’incertitudes pour 2020 en raison, notamment, des suites du « Brexit » au Royaume-Uni ou encore des élections présidentielles aux Etats-Unis. Dans un tel contexte, l’objectif sera de trouver un juste équilibre entre des stratégies offensives d’une part et, de l’autre, des stratégies plus prudentes dans le but d’optimiser ses rendements tout en protégeant son capital. Plus que jamais, la diversification devra être le principal leitmotiv des investisseurs tout au long de l’année 2020.
Jouer la carte du non-coté
A l’aube de cette nouvelle année, plusieurs solutions d’investissement méritent toutefois une attention particulière. De fait, investir une partie de son capital dans le non-côté (private equity) au sein de son assurance-vie constitue clairement une stratégie à privilégier. La toute récente Loi Pacte a en effet rendu les fonds professionnels de capital-investissement (FPCI) éligibles aux unités de compte des contrats d’assurance-vie et de capitalisation. Des véhicules d’investissement qui offrent un éventail très large d’investissements traditionnellement réservés aux investisseurs institutionnels, à l’image des infrastructures. Mieux, cette récente évolution réglementaire offre aux épargnants la possibilité d’allouer jusqu’à 50% de son encours dans de telles unités de compte. Une aubaine pour des Français qui pâtissent de la forte érosion des rendements des fonds en euros en assurance-vie du fait des taux d’intérêts bas, voire négatifs.
En raison de ce contexte financier et de ces récentes modifications réglementaires, l’année 2020 pourrait donc être l’année du private equity dans l’assurance-vie. Les épargnants seraient en effet bien inspirés d’arbitrer massivement leurs placements, remplaçant ainsi leurs actions cotées par des actions non-cotées. A ce titre, les investisseurs auront tout intérêt à privilégier des fonds secondaires de private equity – marché sur lequel les investisseurs peuvent racheter les parts d’autres investisseurs sortants – qui offrent à la fois des décotes intéressantes et des durations plus courtes que sur le marché primaire. De fait, ces fonds permettent de bénéficier d’un blocage des fonds sur des durées allant de 3 à 5 ans, avec un rendement cible à deux chiffres. Le marché secondaire permet également d’accéder à des « millésimes » antérieurs présentant déjà des historiques de performances attractifs, avec des rendements largement supérieurs à l’inflation. Se diversifier sur le non-coté apparaît donc clairement comme une carte à jouer en 2020.
Rester à l’écart des produits obligataires
A l’inverse, dans un environnement marqué par des taux d’intérêts bas voire négatifs porté par la poursuite des politiques monétaires accommodantes des banques centrales, les produits obligataires traditionnels restent des placements à éviter. Les épargnants auront en revanche tout intérêt à profiter de ces taux bas pour aller chercher des crédits à des niveaux attractifs pour y investir leurs liquidités sur de belles opportunités comme dans l’immobilier, en privilégiant des baux fermes de 10 ans par exemple. Si la « pierre-papier » et tous les produits immobiliers de défiscalisation – à l’image des SCPI fiscales, des FIP ou autres FCPI – apparaissent comme des placements risqués, acheter de l’immobilier à crédit demeure une stratégie d’investissement attractive pour les épargnants. Ces derniers pourraient également être tentés par les OPPCI (Organisme de Placement Professionnel Collectif Immobilier) qui offrent de belles perspectives de rendement – généralement supérieurs à 8% par an – du fait de leur effet de levier, à savoir le recours à un crédit pour l’achat de biens immobiliers. Cette particularité permet d’assurer une revalorisation des parts d’OPPCI au fur et à mesure du remboursement de la dette. Seule bémol pour l’investisseur : ces OPPCI restent soumis à l’impôt sur la fortune immobilière.
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