Une époque formidable
Décidémment, cette campagne présidentielle restera à nulle autre pareille ! Passons sur les éléments hors cadre –entendez hors programme politique– qui ne viennent même plus polluer mais engloutir les exposés des candidats, et intéressons-nous aux engagements qu’entendent prendre chaque prétendant en cas d’élection début mai. Traditionnellement, au moment de la campagne donc, les promesses vont bon train, dès lors qu’elles n’engagent que ceux qui les croient. Ce n’est qu’une fois l’échéance passée que les électeurs, et parfois l’élu même, découvrent que la réalité aura raison des «bonnes» intentions de départ. Or, pour cette élection, c’est le contraire qui prévaut! Si l’on s’intéresse aux deux candidats démocrates les mieux placés dans les sondages, il faut admettre que les programmes concoctés par leurs équipes en matière de fiscalité ont dès le départ inclus des mesures fortes et pas vraiment populaires. C’est le cas par exemple pour l’assurance vie qui, un temps donc, a été promise de part et d’autres, à une «flat tax» dont le premier résultat aurait été d’alourdir sur le long terme la fiscalité d’une enveloppe qui pèse, tout de même, plus de 1.500 milliards d’euros. Sous les coups de butoir d’associations d’épargnants et d’un lobbying efficace, une marche arrière s’est produite. De fait, en 2017, avant même l’élection, on se montre dur pour commencer et on finit par faire machine arrière ou s’arranger pour que des effets pervers disparaissent en créant de nouvelles exceptions si chères à notre Code général des impôts. On n’épiloguera pas sur le manque à gagner et la façon dont il sera compensé, mais reconnaissons tout de même que cela fait un peu désordre, quand bien même, ici, l’intelligence est passée.
Quoi qu’il en soit, ces retournements ne sont pas une exclusivité française. Nos amis Anglais, par exemple, semblent vouloir faire de même. Vu d’Outre-Manche, le Brexit permet au pays de prendre son destin en main. Bruxelles n’a pas la même vision. Et de rappeler aux Britanniques qu’ils ont pris précédemment des engagements, qu’il convient d’honorer désormais. La note est salée puisqu’il pourrait être question d’environ 60 milliards d’euros. Londres a déjà mis ses lawyers sur la braise, qui affirment, semble-t-il, que la Grande-Bretagne n’aurait rien à débourser. Plutôt gênant, y compris pour les épargnants et les investisseurs français dès lors que le plan de relance Junker, sur lequel de nombreuses entreprises européennes doivent compter, figurent parmi les dossiers en délicatesse. On se satisfera du fait que des engagements pris avant et remis en question après sont un scénario plutôt classique. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit là de la signature d’une des plus grandes puissances mondiales. A croire que c’est la période et non une élection qui se montre à nulle autre pareille…
Plus d'articles du même thème
-
La France est rappelée à l’ordre par l’Union européenne
Le paquet de printemps du Semestre européen 2026 met la France en face de réalités difficiles et formule des recommandations pour améliorer sa compétitivité et retrouver la maîtrise de ses finances publiques. -
L’Europe dégaine son plan de souveraineté technologique
La Commission européenne a présenté le 3 juin à Bruxelles un ensemble de mesures sur les secteurs des semi-conducteurs, du cloud et de l’intelligence artificielle. -
Le marché résidentiel devrait rester en berne jusqu’à la fin de l’année
La conjoncture économique fragilisée par le conflit au Moyen-Orient et l’inflation vont assener un coup de frein supplémentaire à un marché immobilier déjà sous tension.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond en mai
- L’AMF s’apprête à clarifier les obligations des sociétés de gestion en matière de rémunération des distributeurs
- LBP AM et La Financière de l’Echiquier annoncent leur projet de fusion
- Le dispositif Jeanbrun doit être appréhendé comme un outil de transmission
- L’AMF veut accompagner l’innovation financière tout en protégeant les épargnants
- SCPI : les faits marquants du mois de Mai 2026
Contenu de nos partenaires
-
« Le coût cumulé d'El Niño pourrait atteindre 84 000 milliards de dollars »
Le retour du phénomène météorologique El Niño cette année est de plus en plus probable selon l’Organisation météorologique mondiale. Son impact sur l’économie mondiale suscite aussi de vives inquiétudes. -
Vrai du fauxCadmium : alerte dans nos assiettes
Présent dans les engrais importés en France, ce métal lourd classé cancérogène a beaucoup fait parler de lui ces derniers mois. Au risque de perdre pied dans cette vague d'informations -
Calme avant la tempêtePrésidentielle : les candidats face au mur budgétaire
La bombe budgétaire est sur le point d'exploser et les prétendants à l'Elysée évitent encore bien trop le sujet majeur qui va accaparer le début de mandat du futur président