Alors que les marchés financiers se sont effondrés en mars, les chiffres de la collecte de l’assurance vie pour le mois de février ont été dévoilés par la Fédération française de l’assurance (FFA) mardi 24 mars. Des chiffres qui montrentune dynamiquepositive quelques jours avant le crash des marchés financiers, qui va forcément rebattre les cartes.
Pour le mois de février 2020, la collecte nette s’établit à 1,4 milliard d’euros, contre un peu plus de 700 millions d’euros (chiffres révisés) en janvier.Depuis le début de l’année, le montant des cotisations collectées par les sociétés d’assurance est de 23,2 milliards d’euros (25,2 milliards d’euros sur la même période en 2019). Les versements sur les supports unités de compte représentent 8,4 milliards d’euros, soit 36 % des cotisations. Pour le seul mois de février, la proportion des unités de compte dans la collecte brute a été de 39,6 % en février contre 33 % le mois précédent. Une répartition qui pourrait être mise à mal par les événements actuels dans les semaines et mois à venir.
«La relative modestie de la collecte peut s’expliquer par la nécessité de souscrire une certaine proportion d’unités de compte. Cette pression pouvait dissuader certains ménages. Malgré tout, avant la diffusion de l’épidémie en Europe, les épargnants semblaient accepter le jeu de la prise de risque avec une proportion plus élevée que dans le passé d’unités de compte», explique dans une notePhilippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.
En 2020, les prestations versées par les sociétés d’assurance s'élèvent à 21,0 milliards d’euros (19,9 milliards d’euros sur la même période en 2019). La collecte nette s'établit donc à 2,2 milliards d’euros au cours des deux premiers mois de l’année (5,3 milliards d’euros en janvier-février 2019).
Au total, l’encours des contrats d’assurance vie (provisions mathématiques + provisions pour participation aux bénéfices) s’élève à 1.776 milliards d’euros à fin février 2020, en progression de 3 % sur un an.
La crise sanitaire actuelle aura forcément des conséquences sur les collectes à venir de mars et avril notamment.Avec le confinement, les épargnants auront beaucoup plus de mal àcontacter leurs assureurs, leurs banquiers ou leurs conseillers en gestion de patrimoine (CGP). «Même si Internet permet de réaliser certaines transactions, cette situation devrait peser fortement sur la collecte de mars. Les rachats devraient être limités pour la même raison même si certains ont pu vouloir disposer rapidement de liquidités pour faire face à des échéances incontournables», expliquePhilippe Crevel, précisant que le krach financier devrait provoquer un fort repli de la collecte en unités de compte. Ce dernier souligneque la petite remontée des taux sur les obligations d’État constatée depuis le début de la crise serapositive pour les fonds euros si elle perdurequelque temps.
Le Livret A toujours dans le vert. De son côté, le livret A a collecté 1,17 milliard d’euros au mois de février 2020, annonce le dernier relevé de la Caisse des dépôts (CDC). Un chiffre en net recul par rapport à février 2019 où le livret réglementé avait récolté quelques1,93 milliard d’euros. La collecte du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) est de 0,37 milliardpour février 2020. En cumulé, depuis le début de l’année, le Livret A a collecté 5,3 milliards d’euros et le LDDS 0,78 milliard.
Le Livret A affiche un encours record de 303,9 milliards d’euros et le LDDS de 113,1 milliards d’euros.
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