Une star des Fintech mord la poussière

A toute jeune industrie ses crises de croissance. Celle des plates-formes de financement participatif paraissent en passe d’en traverser une.

Une star incontestée de ce secteur en plein boom, le français Renaud Laplanche, patron et fondateur de Lending Club, leader du prêt participatif coté à New York, a démissionné hier, poussé par son conseil, pour « violation » des règles de l’entreprise.

Cette grave accusation vise les conditions de vente d’un portefeuille de 22 millions de dollars de prêts à la clientèle ne remplissant pas les conditions expresses de risque que l’investisseur acquéreur avaient fixées.

La date de certains de ces prêts aurait encore été changée.

Enfin, Renaud Laplanche aurait tu un conflit d’intérêt personnel dans un investissement en projet.

C’est dommage car les résultats de l’entreprise, qui annonce un profit trimestriel pour un chiffre d’affaires doublé d’une année sur l’autre, sont plutôt séduisants par rapport aux attentes du marché et à des concurrents qui souffrent.

La Bourse n’a pas du tout goûté l’incident qui a valu à plusieurs cadres de prendre la porte.

Le cours a chuté de 25%. L’entreprise vaut encore 2,7 milliards de dollars en bourse loin des 8,5 milliards de début 2015 après son introduction étincelante en décembre 2014.

La raison de ce recul tient à un contexte moins porteur, avec des emprunteurs moins sûrs.

Les marchés du crédit sont aussi plus compliqués, les investisseurs méfiants vis-à-vis du modèle économique et une rude concurrence pousse déjà à des restructurations.

Sans parler du régulateur qui garde l’œil ouvert sur ces acteurs remuants.

Le Trésor boucle ainsi une étude lourde à leur sujet, dans le but de leur bâtir un cadre réglementaire solide.

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