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Quinze ans après la pizza à 10.000 bitcoins, la crypto entre dans l’ère de la confiance
Le 22 mai 2010, un développeur américain échangeait 10.000 bitcoins contre deux pizzas, sans imaginer qu’elles entreraient un jour dans l’histoire comme les plus chères jamais achetées. Quinze ans plus tard, cette transaction est valorisée à plusieurs centaines de millions d’euros.
Mais le Bitcoin Pizza Day raconte autre chose. Il rappelle qu’à l’origine, le bitcoin n’a pas été imaginé comme un actif à conserver ou à spéculer, mais comme un outil d’échange, un moyen de paiement. Depuis, il a traversé crises, «bull market», faillites d’acteurs et défiance. Et pourtant, ses usages se sont développés : acheter une voiture, financer un voyage ou encore acquérir un appartement avec des cryptoactifs n’a plus rien d’anecdotique. Derrière la symbolique de ces deux pizzas, une réalité nouvelle : les cryptoactifs s’insèrent progressivement dans l’économie réelle.
Longtemps, l’écosystème crypto s’est construit davantage autour d’une promesse de valeur future que d’un usage immédiat. Ce n’est plus le cas. En France notamment, l’intérêt pour les cryptoactifs dépasse désormais largement le cercle des initiés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes* : plus d’un tiers des Français envisagent d’investir dans les cryptomonnaies dans les cinq prochaines années, tandis que près d’un jeune de 18 à 29 ans sur deux a déjà franchi le pas.
Le bitcoin, actif de référence
Plus qu’un effet de mode, cette dynamique reflète une nouvelle façon d’aborder l’épargne et l’investissement. Dans cette évolution, le bitcoin conserve un statut particulier. Il reste l’actif de référence : celui qui structure la confiance, donne de la visibilité au marché et contribue à démocratiser l’ensemble de l’écosystème.
Mais l’histoire montre qu’aucun actif ne s’impose durablement dans les usages du quotidien sans une infrastructure robuste. Les innovations financières ne s’ancrent réellement que lorsqu’elles s’accompagnent de règles, d’intermédiaires fiables et de garanties.
A lire aussi : La convergence entre finance décentralisée et finance traditionnelle transforme le secteur
C’est précisément ce qu’expriment les Français. Plus de 82 % considèrent la régulation comme un critère déterminant dans le choix d’une plateforme crypto ; 81 % citent la fraude ou la perte de données comme principale inquiétude ; et trois quarts estiment que les cryptoactifs restent insuffisamment encadrés. Le message est clair : la prochaine étape de l’adoption passera par la confiance.
Le cadre européen MiCA ouvre à cet égard une nouvelle phase de maturité. Pour la première fois, les cryptoactifs évoluent dans un cadre harmonisé à l’échelle européenne, transformant progressivement un marché perçu comme expérimental en une classe d’actifs intégrable aux standards financiers traditionnels.
Les acteurs bancaires sont les plus crédibles
Une question demeure alors : qui sera demain le « livreur de pizzas » le plus crédible de l’économie crypto ? Les Français semblent avoir la réponse. Ils considèrent que les banques inspirent près de trois fois plus confiance que les plateformes spécialisées pour accompagner des investissements crypto, et près d’un Français sur deux ferait confiance à sa banque principale pour ce type de services.
Plus révélateur encore : un tiers se dit prêt à changer d’établissement pour accéder à une meilleure offre crypto. Les banques disposent d’un avantage décisif en ayant en leur possession deux ingrédients essentiels à l’adoption de masse : la relation client et la confiance réglementaire. Elles ont aussi les moyens d’accompagner les usages et de sécuriser les investissements.
A lire aussi : Les acteurs crypto veulent séduire les banques
Quinze ans après la première pizza achetée en bitcoin, la question n’est donc plus de savoir si les cryptoactifs trouveront leur place dans le quotidien. Elle est de savoir quels acteurs inspireront suffisamment confiance pour rendre cette adoption durable. Le Bitcoin Pizza Day symbolisait l’expérimentation, la prochaine étape est celle de l’intégration. Et en France, cette adoption des cryptoactifs passera par des acteurs de confiance déjà intégrés au quotidien des épargnants qui savent combiner innovation technologique et rigueur opérationnelle : les banques.
* Toutes les statistiques sont tirées de la dernière édition de l’étude « European Crypto Compass »
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