Le financement participatif ralentit mais fait des petits
La croissance du financement participatif a nettement ralenti en 2016 : 233,8 millions d’euros ont été collectés via des plates-formes de crowdfunding, soit 40% de plus qu’en 2015, selon le baromètre publié hier par l’association professionnelle de financement participatif France (FPF) avec le cabinet KPMG. En 2015, cette progression avait été de 121% (166,8 millions d’euros collectés en 2015 et 75,4 millions d’euros collectés en 2014). Le nombre de projets financés a lui augmenté de 20% à 21.375, contre 57% de hausse l’année précédente. Malgré cette temporisation, le secteur a mis au monde «des enfants qui opèrent sous d’autres termes», souligne Nicolas Lesur, président de la FPF.
En effet, outre les trois branches du financement participatif que sont le don, le prêt et l’investissement en capital, des sous-catégories se développent. Au sein des prêts, on trouve désormais des obligations, surtout pour des projets dans les énergies renouvelables et l’immobilier. Les montants collectés grâce à des obligations ont bondi de 88% en 2016 à 45 millions d’euros. Pour ce type de financement, les plates-formes prélèvent un taux de frais moyen de 5,5% (commission de la plate-forme et taux de rémunération de l’investisseur) contre 4,3% pour un prêt classique. La contribution moyenne d’un investisseur par projet est de 3.622 euros contre 415 euros pour un prêt. L’année 2016 a aussi marqué l’apparition des minibonsà hauteur de 2 millions d’euros.
Assouplissement attendu de la réglementation
Par ailleurs, trois nouvelles catégories hors crowdfunding au sens strict creusent leur filon dans la finance alternative, comme les cagnottes en ligne (112,5 millions d’euros collectés en 2016, +50%), la «solidarité embarquée» qui désigne les micro-dons aux associations (1,7 million d’euros), et surtout les fonds de prêts aux entreprises en ligne (83,8 millions d’euros, +150%). Ces derniers sont proposés seulement par Lendix et Finexkap, et accessibles uniquement aux investisseurs avertis. Mais les professionnels du secteur attendent un assouplissement de la réglementation. «On peut espérer que la réforme visant à séparer les fonds de titrisation des fonds de prêts directs donnera une meilleure accessibilité au grand public», explique Nicolas Lesur.
Un adoucissement qui ne plairait pas à tout le monde. L’association UFC-Que Choisir publiera ce jeudi une étude sur des méthodes de commercialisation du crowdfunding, intitulée «alerte sur les risques et les abus», qui «dévoile de piètres résultats en matière économique et juridique».
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