Des acteurs du financement participatif muent pour offrir des minibons
Les plates-formes de financement participatif se mettent en ordre de marche pour s’adapter aux prochains changements réglementaires. Plusieurs d’entre elles ont fait les démarches pour adopter un nouveau statut et être ainsi autorisées à intermédier des «minibons», un outil qui vient d’être encadré par les autorités afin de faciliter le financement des entreprises.
La semaine dernière, la plate-forme de prêt Unilend a annoncé qu’elle était aussi devenue conseiller en investissement participatif (CIP), un statut normalement dédié aux plates-formes proposant des actions et obligations. Avec ce sésame, Unilend va pouvoir offrir des minibons. Un décret à paraître prochainement doit cependant préciser le fonctionnement de cet outil. Pour Unilend, ce n’est pas une révolution car la plate-forme utilisait déjà les bons de caisse. Bercy ayant souhaité encadrer l’utilisation de ces engagements à rembourser émis par des sociétés en échange d’un prêt et à les rebaptiser minibons, elle s’est résolue à devenir CIP. Elle a pour cela dû montrer patte blanche à l’Autorité des marchés financiers (AMF) et adapter son site pour cerner le profil d’investissement des souscripteurs de minibons.
«Quand vous êtes CIP, vous devez faire un vrai service de conseil en investissement avant la souscription», explique Grégoire Dupont, secrétaire général de l’Orias, qui immatricule les CIP. Avec les minibons, les souscripteurs ne sont en effet pas soumis au plafond d’investissement de 1.000 euros par projet prévu pour les plates-formes de prêts. «Je m’attends à ce que, grâce à cette réforme et surtout grâce à notre ‘track record’ en termes de risques, on voie venir plus d’institutionnels», veut croire Nicolas Lesur, co-fondateur d’Unilend. Il met beaucoup d’espoir dans les dispositions, en passe d'être élargies, qui permettent aux fonds d’investir dans des prêts.
Comme Unilend, la plate-forme Lendosphère, qui utilisait aussi les bons de caisse, est décidée à faire sa mue et a fait les démarches auprès des autorités pour devenir CIP. Contrairement à Unilend, Lendosphère compte renoncer à son statut d’intermédiaire en financement participatif (IFP) qui lui permet de faire des prêts simples. «On préfère avoir une plate-forme avec un fonctionnement unique et homogène afin de proposer une offre très visible», explique la co-fondatrice de la société Laure Verhaeghe. Deux autres plates-formes familières des bons de caisses, Credit.fr et Bolden ont commencé les démarches pour devenir CIP.
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