L’assureur-crédit Euler Hermes veut digitaliser la cession de créances
Le pôle spécialiste du digital d’Euler Hermès, EH Digital Agency, délivre ses premiers résultats concrets. Le leader mondial de l’assurance-crédit a annoncé ce lundi un partenariat entre sa filiale française et la plate-forme Urica, qui repose sur une interface applicative (API) développée par l’entité. Cette nouvelle offre en ligne permettra aux entreprises françaises de céder leurs créances commerciales plus souplement, tout en garantissant leur paiement aux investisseurs d’Urica.
« La grande innovation de notre partenariat réside dans la capacité d’Euler Hermes de proposer une couverture du risque de crédit à un prix ajusté créance par créance et en temps réel, grâce au développement de nouvelles API », explique à L’Agefi Gilles Porte, responsable grands comptes Opérations Structurées chez Euler Hermes. Habituellement, les organismes d’affacturage proposent à l’inverse des contrats comprenant une volumétrie et un prix convenus à l’avance.
Fondée en 2014 au Royaume-Uni, Urica est financée par l’organisme public British Business Bank et l’assureur britannique RSA, ainsi que par des fonds d’investissement. Peu après sa création, la plate-forme a noué un premier contrat d’assurance contre le risque de non-paiement avec la filiale britannique d’Euler Hermes. La fintech s’est ensuite enregistrée comme fonds commun de titrisation en France, le troisième marché mondial de l’affacturage derrière la Chine et le Royaume-Uni.
«Urica a lancé son exploitation à la fin du premier trimestre 2015 et nous débuterons en France d’ici une quinzaine de jour», précise Patrice Coulon, le directeur général d’Urica. «Nous ne voulons pas concurrencer les factors mais apporter un nouveau service qui n’impose pas une sélectivité extrême au cédant», ajoute-t-il. Grâce à un contact précoce avec le payeur de la facture, qui réduit le risque de litige, les quotités de financement seront proches de 100%, contre 85% habituellement.
Le montant de créances ciblées par un contrat d’affacturage a augmenté en France de 11,5% au premier semestre, à 131,3 milliards d’euros. Outre ce vaste marché, Euler Hermes réfléchit à d’autres applications. «L’accompagnement des fintechs nous permet de comprendre un marché en plein essor et nous travaillons actuellement sur d’autres projets solutions digitales pour d’autres métiers liés à la créance avec risque commerciale», analyse Gilles Porte.
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