La Suisse prend de l’avance sur les ICO
Avec plus de 5 milliards d’euros levés l’an dernier sur environ 800 opérations, les ICO (Initial Coin Offering) peuvent faire saliver plus d’une place financière. La plupart des régulateurs ont cependant opté pour la prudence, préférant prendre une posture d’attente tout en mettant en garde les investisseurs, à l’instar de l’Esma (European Securities and Markets Authority) ou de la SEC (Securities and Exchange Commission). D’autres ont adopté une approche plus ouverte, pour ne pas risquer de brider un secteur innovant. C’est notamment le cas de la France, où l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) a récemment bouclé une consultation sur le sujet. La Finma, l’autorité suisse des marchés financiers, a de son côté adopté une approche au cas par cas, annoncée dès septembre et précisée vendredi dernier, avec un certain succès jusqu’à présent.
Un écosystème adapté
En effet, d’après une récente étude de PwC, quatre des dix plus importantes ICO de 2017 ont été effectuées en Suisse. La première ICO française n’arrive quant à elle qu’à la quinzième place. La Finma a par ailleurs reçu plus d’une centaine de requêtes de la part de porteurs de projets. En France, le programme d’accompagnement de l’AMF, Unicorn, qui se veut plus compréhensif, a eu un succès plus limité, avec seulement une quinzaine de projets étudiés en début d’année.
La Suisse bénéficie d’un écosystème plus ancien et plus construit. Le canton de Zoug, en plein cœur du pays, a ainsi lancé l’association de lobbying et de réseau «Crypto Valley», qui peut notamment compter sur la présence d’Ethereum, la société derrière le protocole blockchain à succès du même nom. La «Crypto Valley» présente par ailleurs l’environnement réglementaire comme «favorable», et souligne que la Finra «encourage l’autorégulation plutôt que de coûteuses régulations venant d’en haut».
Dans les détails, les approches suisse et française pourraient toutefois converger. La Finma explique ainsi qu’elle fait une différence entre les ICO selon la qualification du token - entre jeton utilitaire, moyen de paiement ou actif financier - un point de vue également mis en avant dans les réponses de l’industrie à la consultation de l’AMF. La lutte antiblanchiment et le respect des règles sur les instruments financiers restent des priorités pour les deux autorités, et impliquent des contraintes particulières pour la plupart des ICO.
Plus d'articles du même thème
-
OTPP et GIC mènent un tour de série F de 750 millions de dollars dans Ramp
La fintech américaine spécialisée dans la gestion des dépenses d'entreprise boucle un tour de série F à 44 milliards de dollars de valorisation. -
DFNS fait peau neuve pour séduire les banques
La fintech DFNS spécialisée dans la fourniture de wallets crypto sécurisés se positionne comme fournisseur de core-banking système pour la finance on-chain. -
Wise plonge en Bourse à cause d’une enquête pour blanchiment en Belgique
La fintech a indiqué répondre à des questions de la justice belge après que des informations de presse ont fait état d’une enquête pour blanchiment. L’action, récemment cotée au Nasdaq, accuse le coup.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
Contenu de nos partenaires
-
Au Congrès américain, les pro-russes en perte de vitesse
À Washington, une poignée d'élus MAGA s'est fait le relais des positions du Kremlin. Pendant des mois, ils ont cru avoir le vent en poupe. Mais les récentes avancées ukrainiennes sur le front et le désintérêt actuel de l'administration Trump pour Moscou les affaiblissent -
Le frère de Jérôme Barella mis en examen pour viols sur mineur et sur conjoint
Yannick Barella, frère du suspect du meurtre de Lyhanna, a été mis en examen pour les viols de deux femmes, dont l’une était mineure au moment des faits. Il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire -
Mise au point« Il n’y a pas d’insincérité budgétaire dans les comptes de la Sécurité sociale »
Après avoir présidé la commission d’enquête visant à lever les incertitudes budgétaires des comptes sociaux, créée à l'instigation du RN, la députée macroniste répond aux accusations d'insincérité du RN