Ingenico discute avec Natixis et Edenred mais reste ouvert
Natixis a confirmé ce matin « son intérêt à explorer la logique d’un rapprochement industriel de ses activités de paiement avec celles du groupe Ingenico et avoir des discussions préliminaires en cours sur ce sujet ». Pour autant, la filiale cotée de BPCE ne souhaiterait pas racheter le groupe de paiements mais plutôt marier son petit pôle Natixis Payment Solutions avec Ingenico, expliquent à L’Agefi plusieurs sources proches du dossier, nuançant les informations diffusées par Bloomberg mercredi soir. Après le transfert d’une partie de ses services financiers à BPCE, Natixis disposera certes de 1,5 milliard d’euros supplémentaire pour des acquisitions éventuelles (ou un dividende spécial), mais la banque ne devrait pas mettre ses œufs dans le même panier, alors qu’elle lorgne notamment des sociétés de gestion d’actifs en Asie.
De son côté, Ingenico « indique avoir fait l’objet d’approches préliminaires en vue d’une opération stratégique » et « a initié une revue de ses options stratégiques et de leurs mérites respectifs », selon un communiqué diffusé ce matin. Parmi ces approches figure celle d’un autre français, Edenred, indique une source, confirmant une information de Reuters. Le spécialiste des titres restaurant n’a pas fait de commentaires. « Pour l’instant, il n’y pas encore d'échanges formels avec des fonds de private equity, mais vu la taille d’Ingenico, les prétendants sont plutôt étrangers », poursuit la source. En juin, Bloomberg évoquait l’intérêt de CVC Capital Partners, Hellman & Friedman et Bain Capital.
« Les discussions sont encore extrêmement préliminaires et l’on est encore très loin d’un deal, indique l’une des sources. Toutes les options sont sur la table : une séparation entre les activités informatiques pour les banques et acquéreurs et celles dédiées aux commerçants, des apports d’actifs, une vente partielle ou encore un retrait de cote. Au-delà des aspects financiers, la question est aussi «pour quoi faire», compte tenu des interrogations sur la stratégie d’Ingenico ».
Avec une capitalisation boursière d’environ 4,16 milliards d’euros et 1,7 milliard de dette, Ingenico vaut un peu moins de 6 milliards d’euros. Le groupe est néanmoins devenu une cible : son cours de Bourse a baissé de près de 30 % depuis le début de l’année et ses résultats financiers du fait de résultats financiers en baisse. En parallèle, le secteur des paiements est en pleine ébullition en Europe ces derniers mois, avec le rachat du suisse Six Payment Services par le français Atos (qui l’a emporté face à Natixis notamment), l’introduction en Bourse d’Adyen aux Pays-Bas, ou encore la coentreprise annoncée par Ingenico lui-même avec BS Payone pour fusionner ses services de paiement aux commerçants en Allemagne, Autriche et Suisse.
Ingenico est conseillé par Morgan Stanley, Messier Maris et Rothschild et Edenred s’appuie sur Lazard.
A la Bourse de Paris, Ingenico gagnait 5,02% vers 12h50, après avoir pris plus de 12% en début de séance, tandis que Natixis cédait 5,15% et qu’Edenred perdait 2,18%.
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