Stellantis écorne un peu plus son image en rappelant près d’un million de véhicules
- Le constructeur Stellantis a annoncé le rappel de près d’un million de véhicules pour corriger un défaut logiciel.
- Cette mesure concerne un total de 955 085 voitures des marques Chrysler, Dodge, Jeep et Ram à travers le monde.
- L’annonce a fait chuter l’action du groupe à son plus bas niveau depuis début 2021 à la Bourse de Paris.
Le constructeur automobile Stellantis connaît une nouvelle déconvenue en matière de qualité avec le rappel, annoncé lundi, de près d’un million de véhicules, essentiellement aux Etats-Unis. En cause, un logiciel de radio susceptible d’empêcher l’affichage de l’image de la caméra de recul sur l'écran multimédia du véhicule.
Aucun accident ni aucune blessure liés à ce problème n’ont été signalés à ce stade, a indiqué le groupe, qui prévoit de corriger le défaut via une mise à jour à distance. Les autorités américaines de sécurité routière imposent la présence de caméras de recul sur tous les véhicules légers depuis 2018.
Outre 848.511 véhicules des marques Chrysler, Dodge, Jeep et Ram aux Etats-Unis, le rappel concerne également 82.869 voitures au Canada, 7.969 au Mexique et 15.736 sur certains marchés hors d’Amérique du Nord. Ce qui porte à 955.085 le nombre total de véhicules concernés.
Stellantis n’a pas communiqué le coût de cette campagne. Celui-ci devrait toutefois rester limité, estime Adrien Brasey, analyste chez AlphaValue, puisque le défaut peut être corrigé sans passage en atelier. Pour lui, l’enjeu se situe surtout sur le terrain de l’image, auprès des clients comme des investisseurs.
Un nouveau rappel qui tombe mal
Le rappel intervient en effet alors que l’industriel a déjà connu une série de problèmes de qualité ayant nécessité d’importantes campagnes de rappel. Les difficultés liées aux moteurs PureTech et les problèmes d’airbags Takata ont notamment terni l’image de fiabilité du groupe.
Depuis le début de l’année, Stellantis a également rappelé plus de 800.000 véhicules hybrides de ses marques Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Lancia, Alfa Romeo et Jeep en raison d’un risque d’incendie. En mai dernier, le groupe avait par ailleurs lancé le rappel de 419.000 Jeep Grand Cherokee, en raison d’une erreur logicielle susceptible de retarder le déploiement des airbags latéraux en cas de collision.
Dans ce contexte, ce nouveau défaut arrive au mauvais moment pour Stellantis. Lundi à la Bourse de Paris, le titre a perdu 4%, à 4,43 euros, soit son plus faible niveau depuis début 2021 et la fusion entre Groupe PSA et Fiat Chrysler Automobiles. L’action se maintenait près de ce niveau mardi après-midi.
A lire aussi : Les investisseurs doutent encore de la solidité du redressement de Stellantis
La qualité au cœur du redressement américain
«Stellantis est aujourd’hui une histoire américaine: tout le redressement de l’action repose sur l’Amérique du Nord», souligne Adrien Brasey. Or c’est précisément dans cette région que se concentrent les problèmes de qualité du groupe, notamment sur les marques Jeep, Ram, Chrysler et Dodge. Le rappel annoncé lundi constitue ainsi un mauvais signal, d’autant qu’il s’agit, selon l’analyste, du deuxième défaut de caméra de recul du même type en deux ans, après un précédent rappel en juin 2024.
La répétition de ce type de problème est d’autant plus embarrassante que la qualité est devenue l’un des axes du redressement de Stellantis mis en avant par ses dirigeants. Elle met ainsi à l'épreuve la capacité du groupe à tenir l’une des promesses centrales de son plan de redressement. «Stellantis s’attèle à améliorer la qualité de ses produits, mais cela prend du temps et le groupe pourrait encore devoir rappeler des véhicules pendant quelques trimestres», considère un autre analyste basé à Paris.
Le sujet dépasse d’ailleurs la seule fiabilité des véhicules. La répétition d’un défaut de ce type met en évidence une faiblesse d’exécution dans les logiciels, un domaine dans lequel Stellantis est déjà en retard par rapport à ses concurrents et qui devient pourtant stratégique à mesure que les véhicules se transforment en plateformes définies par leur logiciel.
Les problèmes pourraient trouver leur origine dans le cycle de développement antérieur. Stellantis a d’ailleurs récemment attribué une partie de ses charges de garantie à des «décisions opérationnelles passées». Mais pour Adrien Brasey, leur récurrence montre surtout que les dirigeants actuels n’ont pas encore complètement réglé le problème de fond, alors même qu’ils en ont fait une priorité.
Reste désormais à voir si Stellantis parviendra à transformer ses engagements en matière de qualité et de logiciel en résultats suffisamment visibles pour rassurer le marché. Car avec une valorisation déjà fortement dégradée, chaque nouveau problème de fiabilité risque d’entamer la confiance du marché dans la capacité du constructeur automobile à réussir son redressement.
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