Funding Circle, plus financière que tech
L’univers des fintech est vaste, mais on pourrait le réduire à deux catégories. Dans la première, on trouve de vraies valeurs de la « tech », celle dont l’offre conduit à des ruptures qui bousculent les business models établis et qui peuvent justifier des valorisations affolantes. Le plus bel exemple en Europe est Adyen : la start-up néerlandaise du paiement est profitable, en pleine croissance, et pèse déjà 20 milliards d’euros en Bourse, plus que Deutsche Bank.
La deuxième famille de fintech abrite, elle, des sociétés qui ressemblent davantage à des valeurs financières traditionnelles. Funding Circle en fait partie. La plate-forme britannique de financement participatif a dû réduire ses prétentions pour entrer fin septembre à la Bourse de Londres. Elle perd depuis près d’un quart de sa valeur. Funding Circle, qui promet une croissance de 40% ces prochaines années, se paie tout de même 6 à 7 fois ses revenus estimés en 2019. Ce multiple apparaît encore très élevé pour une société dont le modèle reste celui d’un courtier en prêts. Le groupe est dépendant des volumes de financement que ses investisseurs, à 70% institutionnels, sont prêts à offrir sur sa plate-forme. En cas de remontée des taux d’intérêt ou des taux de défauts des emprunteurs, ces mêmes investisseurs pourraient facilement aller voir ailleurs. La fintech doit en outre dépenser 40% de son chiffre d’affaires en marketing pour recruter de nouveaux clients. Résultat des courses, la plate-forme de prêts aux PME ne gagne toujours pas d’argent depuis sa création en 2010. Derrière Funding Circle, c’est l’industrie du crowdlending qui doit encore trouver un modèle à même de justifier un prix élevé en Bourse. L’action de l’américain LendingClub, le pionnier américain du secteur, traite ainsi à 75% en-dessous de son prix d’introduction à Wall Street fin 2014.
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