La hausse des taux d’intérêt pourrait permettre aux néobanques qui ont su attirer l'épargne de transformer l’essai.
Publié le
Alexandre Garabedian
Alexandre Garabedian, directeur de la rédaction de L’Agefi.
-
Le temps est venu pour les fintechs de passer au révélateur de la hausse des taux. Alors que les trois quarts d’entre elles perdent encore de l’argent en France, l’époque bénie où les investisseurs leur signaient les yeux fermés des chèques en blanc est révolue. La disparition de l’argent gratuit et des effets de mode, le retour des professionnels du capital-risque à des pratiques plus sélectives, annoncent la mort d’un certain modèle de développement qui profitait d’abord aux fondateurs de ces start-up. Les stratégies fondées sur une croissance à tout crin, dont les pertes abyssales étaient comblées chaque année par un nouveau tour de table, n’ont plus lieu d’être, en particulier chez les néobanques qui s’adressent directement au consommateur final.
Si les logiques de courses à la taille restent valables, leur succès doit désormais s’apprécier à l’aune d’autres indicateurs que la progression du portefeuille de clients : le chiffre d’affaires réel, la génération de cash. La maîtrise des fameux coûts d’acquisition – publicités, promotions et parrainages –, sans lesquels les néobanques disent atteindre le point mort mais dont leur conquête commerciale ne saurait se passer, devient impérative. Celle des charges de personnel aussi. Les segments les plus prisés, comme le paiement différé, sont ceux où le réveil est vécu le plus brutalement.
Boursorama bientôt rentable ?
La crise du Covid avait servi de coup de semonce et poussé certains à réorienter leur modèle d’affaires. La fin du régime d’exception sur les taux d’intérêt ne laisse plus d’échappatoire aux canards boiteux, tout en ouvrant, enfin, l’horizon de la rentabilité aux acteurs disposant déjà d’une solide base de clientèle et d’une offre plus large que les seuls moyens de paiement. Les néobanques qui ont d’abord percé grâce à la collecte d’épargne y voient l’occasion de dégager des marges en transformant les dépôts en crédit. C’est le cas dans les marchés où dominent les taux variables, pas encore en France, où le plein effet de la hausse est plutôt attendu pour 2024.
Les leçons sont déjà tirées. Certains acteurs indépendants baissent le rideau ou sont contraints de s’adosser à des acteurs traditionnels de la finance, en position de force pour trier le bon grain de l’ivraie. D’autres procèdent à des coupes claires dans leurs effectifs. Quelques-uns encore tentent de réorienter leur modèle vers le BtoB, s’il n’est pas trop tard. Dans ce paysage de la fintech où rien ne sera plus jamais comme avant, deux événements seront à surveiller cette année. Un, la capacité de Boursorama, numéro un français, à se transformer progressivement en moteur de rentabilité pour la Société Générale ; deux, le sort des N26, Revolut et autres Klarna, symboles des excès passés, et dont le succès commercial n’a d’égal que leur propension à brûler du cash.
A l'affût d'opportunités dans les infrastructures européennes, le géant européen du capital investissement envisage une offre à 9 milliards d'euros sur le spécialiste italien des paiements, dont le titre a perdu 65% en quatre ans.
Même dans l'univers des fintechs, Revolut reste à part en raison de la structure de ses revenus et de son bilan. Alors que le groupe envisage une entrée en Bourse, mais pas avant 2028, et caresse l'espoir d'une capitalisation de 200 milliards de dollars, les analystes de JPMorgan viennent de disséquer le modèle économique de la néobanque la mieux valorisée et la plus crainte d'Europe.
Il ne reste plus à Kevin Warsh, candidat de Donald Trump, que de prêter serment avant de prendre ses fonctions pour un mandat de quatre ans. Il devrait présider sa première réunion de politique monétaire les 16 et 17 juin
Entrée en service fin 2023, l'« Autoroute de l’eau » permet de réorienter une partie de la ressource du Nord du pays vers le bassin hydraulique de Rabat et Casablanca. Un chantier colossal qui a nécessité 5,9 milliards de dirhams, soit 540 millions d'euros, et 7 millions d’heures de travail
Le président américain, en visite de deux jours en Chine, a promis un « avenir fabuleux » à Xi Jinping. Les désaccords restent pourtant nombreux sur Taïwan, les terres rares ou encore les échanges commerciaux