Worldline veut trouver en Bourse les moyens de consolider le secteur des paiements
Un milliard d’euros. C’est la force de frappe financière dont devrait disposer Worldline une fois introduit à la Bourse de Paris, selon Gilles Grapinet, le directeur général de la filiale d’Atos spécialisée dans les solutions de paiements électroniques. Le processus a été formellement lancé mercredi après l’obtention du visa de l’Autorité des marchés financiers. La première cotation devrait avoir lieu vers la fin du mois de juin, en fonction des conditions de marché.
Le groupe prévoit de lever environ 250 millions d’euros via l’émission d’actions nouvelles. Atos pourrait profiter de l’opération pour s’alléger. Un peu plus d’un quart du capital de Worldline devrait au bout du compte être vendu aux investisseurs. Les fonds levés doteront la société de solutions de paiements d’une trésorerie nette de l’ordre de 150 millions d’euros, sachant que sa dette nette s’élevait à 99,6 millions d’euros fin 2013 et que Worldline a prévu de faire remonter 45 millions d’euros de dividendes vers Atos avant l’IPO. En utilisant le levier de la dette, qui devrait représenter à moyen terme 1,5 à 2,5 fois l’Ebitda, Worldline arriverait ainsi au milliard d’euros annoncé.
Cette nouvelle structure devrait donner plus de latitude à la société pour enfin peser dans le mouvement de concentration actuel du secteur européen. Jusqu’à présent, la filiale d’Atos a manqué plusieurs occasions, dont très récemment celle du scandinave Nets, repris finalement par le duo Advent-Bain Capital pour plus de 2,2 milliards d’euros, soit près de 15 fois l’Ebitda et 2,5 fois le chiffre d’affaires.
«La mise en Bourse doit nous permettre de bénéficier de la même valorisation que nos cibles, supérieure à celle d’une société de services informatiques» comme Atos, explique Gilles Grapinet. La cotation pourrait aussi permettre des paiements en titres, même si Atos compte pour l’instant garder à moyen terme la majorité du capital et continuer à consolider sa filiale. Sur la base des multiples de Nets, et au regard de ses résultats 2013, Worldline pourrait ainsi valoir plus de 2,8 milliards d’euros, avant la décote classique accordée lors d’une introduction en Bourse.
L’opération est dirigée par Deutsche Bank et Goldman Sachs, épaulés par Barclays, BoA Merrill Lynch, la Société générale et BNP Paribas.
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