Vivendi risque la descente en seconde division
La Bourse n’a pas apprécié que Canal + ait fait si pâle figure lors de l’appel d’offre sur les droits de la Ligue 1 de football pour 2020/2024, et a fait payer sa frustration à Vivendi en lui infligeant une chute de quelque 4%.
Fidèle à sa discipline financière, la chaîne affirme avoir fait une offre fondée sur la valeur de la L1 pour ses abonnés, au risque de tirer trop court face aux vainqueurs Mediapro et BeINSport.
Or les investisseurs ne l’en ont pas remercié pour une raison simple : en voyant un de ses grands moteurs historiques, le football, s’affaiblir un peu plus, la chaîne ne subit pas qu’un revers commercial ; c’est un coup grave de plus à son image, après les déboires ultra-médiatisés de sa tranche en clair.
Certes, Canal + compte négocier avec Mediapro mais le pourra-t-il si son rival souhaite lancer sa chaîne payante ? Trouvera-t-il le salut dans un rapprochement avec BeINSport déjà commercialement amorcé ?
Vivendi a deux ans pour trouver la réponse. D’ici là, l’ombre déjà plus qu’envahissante sur les ressorts de sa séduction auprès de ses abonnés et prospects risque de s’élargir.
Très sollicités, ceux-ci sont d’autant plus tentés de regarder ailleurs que Canal + reste soumise aux règles contraignantes encadrant le calendrier d’accès aux films, limitant d’autant son atout cinématographique face à Netflix ou Amazon qui produisent des films n’ayant pas vocation à être projetées en salle.
Or Vivendi n’est pas engagée dans cette course à la même échelle.
Et à l’heure où le groupe envisage de s’alléger sa position dans la musique en ouvrant le capital d’Universal, la question de savoir quelle croissance Vivendi envisage dans l’industrie des contenus se pose avec acuité.
La question est clé pour un groupe qui affiche des ambitions mondiales.
Pour l’heure, à quelque 21,5 euros, il a plutôt mieux performé depuis 5 ans que le Stoxx600 média.
Mais cette relative performance ne durera pas si le marché finit par se persuader qu’il est voué à la deuxième division.
Plus d'articles du même thème
-
Diana Hazvartian (CDC) : "Les taux de défaut sur la dette privée sont historiquement bas en Europe"
Selon la responsable des investissements en dette privée de la Caisse des dépôts, il ne faut pas faire d'amalgame entre les Etats-Unis et l'Europe en matière de dette privée. Néanmoins, il convient de rester vigilant sur cette classe d'actifs dont le marché est en plein essor. -
PARTENARIAT« La volonté de souveraineté des Etats estompe les avantages compétitifs des multinationales »
Interview de Jacques-André Nadal, Directeur général délégué en charge des gestions de Covéa Finance. -
PARTENARIATQuelles perspectives pour un marché de l’épargne en pleine transformation ?
Julien Ducoup, Partner, Responsable du secteur de l’assurance et Nicolas Boulay, Partner, Assurance, au sein de Square Management, évoquent dans cette interview vidéo les thèmes qui seront débattus lors de cet évènement, le jeudi 18 juin prochain, à partir de 17h30 au Shangri-La. -
PARTENARIATRéinventer la contactabilité à l’ère des interactions
L'enjeu n'est plus d'augmenter le volume des interactions, mais d'en améliorer la pertinence et l'efficacité. C'est précisément ce que permet Spacivox. -
Léovic Lecluze (Groupe Matmut) : « On est encore rémunérés pour le risque mais plus pour la prime d'illiquidité »
L’investissement dans la dette privée fait toujours sens, selon la conviction du directeur des investissements du groupe Matmut, mais il convient d’être prudent sur le type de risque pris. -
PARTENARIAT« Coface un dispositif de Back Up Servicing robuste au service de la sécurisation des opérations de titrisation »
Interview vidéo avec Rachid Aoulad Hadj, Directeur des ventes sur les solutions de recouvrement pour l’Europe de l’Ouest, Coface.
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
Contenu de nos partenaires
-
FeuilletonAcétamipride, le retour du comeback
Le Sénat, qui examine le projet de loi d'urgence agricole, a réintroduit en commission des possibilités d'utiliser l'acétamipride ainsi que deux autres produits phytosanitaires, de façon dérogatoire -
PATRIMOINEImmobilier : pourquoi les ultra-riches continuent de miser sur Paris
En France, le débat sur les riches polarise la vie politique et va monter crescendo à l’approche de l’année présidentielle. Pourtant, ce n’est ni en France ni en Europe que les grandes fortunes se créent le plus vite, comme le rappelle le « Wealth Report » de Knight Frank, qui analyse l’évolution des Ultra High Net Worth Individuals (UHNWI), ces individus qui ont plus de 30 millions de dollars d’actifs financiers. Des investisseurs aux stratégies opportunistes -
Machine à sousItalie : les jeunes salariés poussés vers les fonds de pension par le gouvernement Meloni
À partir du 1er juillet, les nouveaux embauchés du privé seront automatiquement orientés vers la retraite complémentaire, sauf refus explicite. Une réforme en apparence technique mais qui montre que, malgré les promesses politiques, le pilier public ne suffira plus