Vivendi reste en embuscade chez Ubisoft
Vivendi n’a pas chamboulé le conseil d’administration d’Ubisoft. Mais les ombres du groupe de médias et de son premier actionnaire, Vincent Bolloré, ont fortement pesé hier au-dessus de l’assemblée générale de l'éditeur de jeux vidéo. Si Vivendi n’a proposé aucune résolution pour modifier la composition du conseil, ni avant ni pendant l’AG, sa stratégie d’abstention sur chaque résolution a contrarié les plans de la direction d’Ubisoft. Le mandat d’Yves Guillemot, PDG fondateur de l'éditeur de jeux vidéo, a été renouvelé mais avec un petit score de 65,17%, ce qui n’a pas empêché une salve d’applaudissements nourris de la part de l’assistance, composée de nombreux salariés du groupe. Sur cette résolution, le taux d’abstention a atteint 25,91% et les votes contre ont recueilli 8,92%.
Quatre résolutions rejetées en AGE
L’abstention de Vivendi a en revanche fait mouche lors de l’AG extraordinaire, dont la majorité est aux deux tiers. Quatre résolutions ont ainsi été rejetées. Trois (22, 23 et 24) portaient sur la distribution d’actions aux mandataires sociaux, aux membres du comité exécutif, aux principaux managers et aux salariés (hors plan d’actionnariat salarié). La quatrième (numéro 25) était relative à l'émission d’actions pour rémunérer des apports en nature. Ainsi, Ubisoft ne pourra pas distribuer une partie de son capital aux dirigeants et aux salariés (dans la limite de 1,8% par an), ce qui lui aurait permis de fédérer un peu plus l’opposition face à Vivendi. Grâce à un nouveau plan à effet de levier lancé avant l'été, les salariés détiennent désormais un peu plus de 4%, alors que leur part restait bloquée sous les 2% malgré des programmes réguliers.
Dans le camp d’Ubisoft, la stratégie d’abstention de Vivendi est perçue comme la preuve de sa volonté d’obstruction. «Vivendi s’est abstenu même sur les résolutions de nomination des deux administratrices indépendantes, cela illustre sa conception de la gouvernance d’entreprise», lance une source proche de l'éditeur de jeux vidéo.
«C’est une bataille», a rappelé hier Yves Guillemot aux actionnaires qui s'étonnaient du calme de l’AG. Et elle ne fait que commencer. Vivendi a d’ailleurs indiqué avoir inscrit ses actions (qui représentent 22,8% du capital d’Ubisoft) au nominatif «dans la perspective d’un actionnariat à long terme» et afin de bénéficier d’un «droit de vote double à partir de 2017».
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