Vivendi donne sa priorité au redressement de la valeur de SFR
Un peu moins d’un an après l’ouverture d’une revue stratégique sans «tabou», une seule chose a finalement changé chez Vivendi: le président du directoire. Arrivé aux commandes en juin 2012, à la place de Jean-Bernard Lévy, Jean-François Dubos n’a pour l’instant rien transformé dans le périmètre du groupe de télécommunications et de médias. «Nous ne sommes pas pressés», ont martelé hier les dirigeants de Vivendi, en s’appuyant sur des résultats 2012 légèrement meilleurs que prévu (2,5 milliards d’euros de bénéfice net ajusté) et une dette sous contrôle (13,4 milliards à fin décembre).
Une temporisation destinée aussi à rappeler aux acheteurs potentiels des deux actifs mis en vente, Maroc Telecom et GVT, que le groupe n’est pas dans la nécessité de brader ses filiales alors que les prix évoqués récemment étaient nettement inférieurs aux attentes initiales. Sans parler du fait que le brésilien GVT, principal moteur de croissance du groupe, pourrait autofinancer son développement dès cette année, avec quelques mois d’avance sur les plans.
Pour Jean-François Dubos, la priorité est aujourd’hui plus à la «maximisation de la valeur de SFR», le principal actif de Vivendi, dont le modèle vacille sous l’effet de la guerre commerciale lancée par Free Mobile début 2012. SFR représente à lui seul encore 39% du chiffre d’affaires et de l’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de Vivendi. Or, entre fin 2011 et fin 2013, selon la prévision donnée à cet horizon par la direction, le deuxième opérateur de télécoms français aura vu disparaître un quart de son Ebitda, soit une érosion de plus de 900 millions d’euros en deux ans. En plus de la relance commerciale par les prix, SFR prévoit de réduire ses coûts de 500 millions d’euros. Un partage de réseaux avec un concurrent et des partenariats industriels ne sont pas exclus.
Compte tenu des règles comptables françaises, le groupe a déprécié de 5,8 milliards d’euros la valeur comptable des titres SFR inscrite dans les comptes sociaux de Vivendi SA, qui tient également compte de la baisse de valeur de Maroc Telecom détenu indirectement par SFR à 51,9%. La valeur comptable des titres SFR était de 18,7 milliards d’euros fin 2011. En revanche, au niveau consolidé, le groupe n’a pas déprécié l’écart d’acquisition sur SFR car «la valeur recouvrable de SFR excède sa valeur comptable, malgré son net recul», précise Vivendi à L’Agefi.
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