Vivarte va faire jouer la concurrence entre ses créanciers

Le groupe de prêt-à-porter a reçu cinq offres fermes de restructuration de sa dette. De quoi peser sur le montant final de dette qui sera annulé
Olivier Pinaud

Cinq propositions de restructuration de la dette sur la table. Il y a quelques mois, lors de l’ouverture des négociations avec ses prêteurs, la direction de Vivarte n’espérait pas se retrouver dans cette situation relativement confortable alors que les 2,8 milliards d’euros dette, dont 400 millions subordonnée, et le nombre de créanciers, plus de 170, faisaient craindre un processus long et conflictuel.

Prêts à prendre les commandes du groupe, cinq fonds ou groupe d’investisseurs ont donc déposé une proposition: Alcentra et Hayfin, associés à Credit Suisse Asset Management; Angelo Gordon, Avenue Capital et Sankaty Advisors; Golden Tree, ICG, Oaktree, Canyon et Babson and Oak Hill; Elliot Advisor; et enfin une dernière offre de Park Square. Ces offres fermes «illustrent l’intérêt des prêteurs pour la stratégie de modernisation et de développement menée par le management», indique le groupe de magasins de prêt-à-porter (La Halle, Naf Naf, Kookaï, André…) qui qualifie les discussions de «constructives».

Le projet de Marc Lelandais, le PDG de Vivarte, vise avant tout à repositionner les magasins La Halle, enseigne qui représente à elle seule 40% du chiffre d’affaires du groupe. Objectif : stabiliser dans un premier temps l’Ebitda avant d’espérer le relancer. L’Ebitda du groupe a été quasiment divisé par deux en 2 ans à moins de 300 millions d’euros. Le nombre de marques en portefeuille sera également abaissé à 18 contre 26 auparavant. En revanche, aucune cession d’actifs n’est prévue car cela serait «trop destructeur de valeur à ce moment du processus», indique une source proche.

Mais pour mener cette relance, la direction de Vivarte estime le bon niveau de dette résiduelle à 500 millions d’euros auxquels il faudrait associer 500 millions de «new money». Ce qui conduirait à l’abandon de 2,3 milliards d’euros de la dette d’acquisition contractée en 2007 lors du LBO échafaudé par Charterhouse. La perte en capital des actionnaires s'élève à 850 millions.

La concurrence entre les différentes propositions pourrait permettre d’obtenir des conditions de sortie favorables, les plus proches du plan de la direction, d’ici la fin du mois de juin, dans les temps impartis par la conciliation dirigée par l’administratrice Hélène Bourbouloux. Si l’unanimité n’est pas trouvée, le groupe pourrait demander la mise en œuvre d’une sauvegarde financière accélérée afin de forcer l’accord des derniers prêteurs récalcitrants.

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