Valeant veut s’offrir le fabricant du Botox pour 46 milliards de dollars

L’offre non sollicitée, en numéraire et en titres, a reçu le soutien du fonds Pershing Square, premier actionnaire d’Allergan avec 9,7% du capital
Yves-Marc Le Réour

Le groupe pharmaceutique canadien Valeant poursuit son offensive en matière de croissance externe. Après avoir récemment acquis Bausch & Lomb, il a confirmé hier son intention de lancer une offre de rachat en cash et en titres sur l’américain Allergan, fabricant de l’anti-rides Botox, afin de se renforcer dans les soins dermatologiques mais également ophtalmiques.

Cette offre non sollicitée, qui donnerait naissance au numéro cinq mondial de la pharmacie, valorise la cible près de 46 milliards de dollars (33,3 milliards d’euros). Ses actionnaires recevraient 48,3 dollars en numéraire et 0,83 action Valeant pour chaque titre Allergan.

L’opération a reçu le soutien du fonds Pershing Square, contrôlé par l’investisseur activiste Bill Ackman, devenu depuis lundi le premier actionnaire d’Allergan en ayant accumulé 9,7% du capital. Une partie du financement de la transaction sera apportée par Barclays et RBS, tandis que Pershing Square pourra mettre fin à l’accord conclu avec Allergan si l’offre n’a pas été lancée d’ici au 2 mai. «Bien que le conseil d’administration d’Allergan soit probablement enclin à rejeter cette offre initiale, la probabilité qu’elle puisse être menée à bien nous paraît élevée», jugent les analystes de Morningstar.

Les deux groupes ont une taille proche par leurs chiffres d’affaires : 6,3 milliards de dollars pour Allergan l’an dernier contre 5,8 milliards pour Valeant. Le laboratoire canadien souligne que ce rapprochement débouchera sur des synergies de coûts annuelles d’au moins 2,7 milliards de dollars, dont plus des trois quarts extraites dans les six premiers mois suivant la finalisation de l’opération. Valeant reste ainsi fidèle à sa stratégie suivie depuis plus de 5 ans, qui consiste à prendre le contrôle de sociétés dont la base de coûts est élevée pour en améliorer la gestion par une intégration rapide.

«Si une offre concurrente est possible, l’importance des synergies opérationnelles combinée à des gains fiscaux permettrait à Valeant de justifier un prix d’achat plus élevé que ses homologues», relève-t-on chez Morningstar. L’abandon récent par Johnson et Johnson du développement du PurTox, concurrent potentiel du Botox, rend Allergan d’autant plus attrayant.

Avec un ratio de dette nette sur Ebitda d’environ 3 fois pour l’entité élargie contre 4,5 fois pour Valeant fin 2013, cette fusion «serait fortement créatrice de valeur», conclut le bureau d’analyse.

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