Une clause de rupture pourrait protéger l’offre de GE sur Alstom
Alstom joue la transparence. Alors que son conseil d’administration n’a pas encore recommandé l’offre d’achat de General Electric pour la branche énergie, le groupe a indiqué prévoir une clause de rupture.
«Si, après l’examen de l’offre de GE et après l’avoir recommandée, le conseil d’administration d’Alstom décidait de soutenir un autre projet, Alstom devrait verser à GE une indemnité de rupture égale à 1,5% du prix d’acquisition», explique le groupe. Rapporté au prix d’acquisition envisagé de 12,35 milliards d’euros, cela représente un peu plus de 185 millions d’euros.
Ce taux est relativement «standard» dans ce genre d’opération, indique une source bancaire impliquée dans l’opération. Selon les données de Thomson Reuters, l’indemnité de rupture moyenne constatée en Europe lors d’opération de fusions-acquisitions s’élève à 1,14% pour les dix dernières années. En revanche, la pratique des «break up fees» est relativement limitée en France, à la différence des Etats-Unis, où le taux d’indemnité peut d’ailleurs monter bien au-delà de 5% dans certains cas. AT&T détient ainsi le record de la plus grosse indemnité jamais payée: 4 milliards de dollars en cash et en actifs versés en 2011 à T-Mobile USA, soit 10% du montant de la transaction annulée.
Dans l’Hexagone, les opérations Alcan-Pechiney-Alusuisse, SAP Business Objects ou Honeywell Sperian comportaient ce type de protection. «La clause permet de sécuriser la transaction pour le premier acquéreur. Toutefois, son montant ne doit pas se révéler trop élevé pour ne pas aller à l’encontre de l’intérêt social de la société qui vend ses actifs et ne pas empêcher une proposition concurrente. Le taux de 2% est généralement admis comme limite acceptable, mais il s’apprécie au regard de l’ensemble des conditions de l’opération», explique Christophe Clerc, associé chez Pinsent Masons. Dans le cas d’une OPA, un taux supérieur à 2%, seuil minimal pour lancer une surenchère, pourrait être considéré comme une «pilule empoisonnée» allant à l’encontre des règles de marché.
Certains pays ont d’ailleurs banni de leur code monétaire et financier les clauses de rupture. Le Takeover Code britannique a ainsi interdit les «break up fees» en 2011, sauf dans certains cas, notamment pour les processus de cessions d’actifs ou en cas de recherche de chevalier blanc face à une offre hostile.
{"title":"","image":"80982»,"legend":"Fusions acquisitions»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Le conflit au Moyen-Orient pourrait peser sur les perspectives 2026 du CAC 40
A l’issue du premier trimestre, et du premier mois de guerre en Iran, les trois quarts des sociétés de l’indice estiment être peu ou pas exposées à ce conflit. Les autres en pâtissent déjà ou au contraire y voient des opportunités. -
Portée par l'IA, la Chine a enregistré une forte hausse de ses exportations en mai
Les échanges commerciaux du pays ont accéléré le mois dernier malgré la guerre en Iran, grâce notamment aux produits de haute technologie et à l'automobile. -
EXCLUSIFMuzinich & Co lance un fonds de droit français sur la dette privée
Le gestionnaire d'actifs américain crée un véhicule evergreen accessible dans l'assurance-vie française à partir de 1.000 euros et sans période de détention minimale. Son portefeuille devrait comprendre une cinquantaine de prêts seniors garantis.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Affaire Lyhanna : la mère d’une fillette, qui avait dénoncé un viol de Jérôme B., compte porter plainte contre l’Etat et Gérald Darmanin
La mère de Rosa avait dénoncé un viol de Jérôme Barella, principal suspect dans l’affaire Lyhanna, dès 2025. Elle va porter plainte contre l’Etat, les enquêteurs et magistrats qui ont travaillé sur le dossier ainsi que contre le ministre de la Justice, Gérald Darmanin -
Les meilleures soles meunières de Paris
Envie d’une sole meunière parfaitement exécutée ? Des bistrots de quartier aux grandes institutions parisiennes, ces adresses célèbrent ce classique intemporel avec précision et élégance. Une sélection pour redécouvrir l’un des plats les plus emblématiques de la gastronomie française. -
HorizonPrésidentielle : la promesse intenable du candidat Attal
Le candidat Renaissance veut que la France redevienne la première puissance européenne en dix ans. Promesse volontariste, à ne pas prendre au pied de la lettre