Une cession d’Activision ne réglerait pas le problème de décote de Vivendi
Le traditionnel séminaire de la direction de Vivendi, programmé cette année le 22 juin, n’a jamais suscité autant de spéculations. Aucune annonce à attendre, a prévenu la direction du groupe de télécoms et de médias. Mais la question du périmètre d’activités sera abordée, avec en toile de fond la décote de holding qui pèse sur le titre. Les analystes de Kepler l’estiment à 30%, soit 6 euros par action.
Selon Bloomberg, la direction de Vivendi pourrait réfléchir à une cession, totale ou partielle, d’Activision Blizzard, la filiale de jeux vidéo, détenue à 61%. La solution serait la plus simple et la plus rapide à mettre en œuvre. L’éditeur de World of Warcraft vaut actuellement 13 milliards de dollars sur le Nasdaq. S’il vendait l’intégralité de son bloc, Vivendi récupérerait donc, à ce cours de Bourse, 7,9 milliards de dollars mais seulement 6,2 milliards de dollars estimés après les taxes.
L’effet sur la dette nette du groupe français serait encore moindre. Activision dispose d’une trésorerie nette de 3 milliards de dollars qui n’entrerait plus dans le calcul des ratios d’endettement de Vivendi. Le désendettement net serait alors de l’ordre de 3,2 milliards de dollars, à comparer aux 14 milliards d’euros (17,3 milliards de dollars) de dette actuelle.
Même si Activision est considéré comme le plus bel actif du secteur des jeux vidéo, une cession en un seul bloc paraît difficile, aussi bien sur le marché qu’à un industriel. Le numéro deux, l’américain Electronic Arts ne pèse que 4 milliards de dollars. Un placement partiel serait en revanche plus aisé. Ce moyen est, avec le dividende, le seul qui permette à la maison-mère de faire remonter une partie du cash de la filiale: Activision achète ses propres actions, ce qui accroît mécaniquement la part de Vivendi au capital au-dessus des 60%, avant que ce dernier ne vende une partie de ses titres. Le mécanisme a déjà été utilisé en 2011.
En revanche, cette vente partielle ne réglerait pas la question de la décote de holding de Vivendi. La cession d’Activision aurait même un effet pervers: elle renforcerait le poids de SFR et de Maroc Telecom, les deux actifs les plus menacés du groupe. Les deux opérateurs représenteraient alors 68% du résultat opérationnel ajusté de Vivendi contre 51% à la fin mars 2012.
Plus d'articles du même thème
-
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge. -
Monaco sort de la liste grise du Gafi
La décision récompense un ensemble de mesures prises par la principauté depuis 2024, date de son inscription sur la liste des pays placés sous surveillance renforcée.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
Contenu de nos partenaires
-
Iran : en cas de nouveau bombardement, Mojtaba Khamenei menace les Etats-Unis d’une « riposte sans limite géographique »
Les déclarations de Mojtaba Khamenei, le Guide suprême iranien, ont eu lieu samedi 31 octobre, alors que des efforts diplomatiques sont en cours pour tenter d’éviter la reprise des hostilités avec les Etats-Unis. Une délégation qatarie a ainsi rejoint Téhéran vendredi -
Mobilisation du 31 octobre : les défilés sont globalement calmes dans les grandes villes, la situation se tend à Marseille
Près de 150 défilés sont prévus en France pour la défense du pouvoir d’achat. Des manifestations ont lieu à Paris, Lyon, Marseille, Nice, Nantes, Guéret, Pau, etc. Les autorités ont mobilisé 70 000 policiers et gendarmes pour assurer l’ordre public -
Brésil : Flavio Bolsonaro affirme avoir quitté son pays afin de fuir une « persécution »
Après sa défaite à l'élection présidentielle brésilienne, Flavio Bolsonaro a légitimé sa fuite du Brésil. « La persécution a commencé même plus tôt que je ne l’imaginais », a assuré le sénateur lors d’un direct sur Instagram