Un gel d’un an du prix du gaz pourrait coûter 400 millions d’euros à GDF Suez

Pour le distributeur, l’impact définitif dépendra de la durée et de l’ampleur du gel qui pourrait être annoncé cette semaine par le gouvernement
Olivier Pinaud

Après une longue réunion vendredi après-midi, et une poursuite du travail ce week-end, le gouvernement n’a pas encore totalement arbitré la question des prix du gaz en France. La décision pourrait être prise dans les prochains jours. Elle pourrait conduire à un gel temporaire du tarif réglementé, sinon à une modification de la formule des coûts d’approvisionnement de GDF Suez dont dépend l’évolution des tarifs du gaz. Celle-ci est indexée à la fois sur les prix du pétrole et sur ceux du gaz à hauteur de 10%. Or, dans le contexte actuel de tensions des prix du pétrole et du gaz, une nouvelle hausse des prix, après celle du 1er avril, serait encore nécessaire en juillet prochain. Une inflation politiquement difficile à assumer pour le gouvernement alors que le prix du gaz a déjà été augmenté de 20% en douze mois.

Même si les conséquences financières sont encore difficiles à chiffrer précisément, ce possible gel des prix fait peser un risque d’effet de ciseaux important sur les marges de GDF Suez. Celui-ci continuerait à acheter son gaz plus cher sans pouvoir répercuter cette inflation sur son prix de vente. Le coût pourrait atteindre plusieurs centaines de millions d’euros pour le premier distributeur de gaz en France en fonction de la durée et l’ampleur du gel. Pour 1% de hausse du tarif réglementé non répercuté sur le prix de vente, le groupe perd en effet 100 millions d’euros d’excédent brut d’exploitation (ebitda) annuel.

Une simple pause en juillet prochain dans la hausse des prix, serait relativement neutre pour GDF Suez. Les analystes d’Oddo rappellent que le troisième trimestre ne représente que 10% à 15% de l’activité de vente annuelle de gaz du groupe en France. «Un gel d’une hausse de, par exemple, 3% au 1er juillet représenterait donc un manque à gagner de 30 à 45 millions d’euros», calcule Oddo. En revanche, un gel prolongé, notamment au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012, serait beaucoup plus lourd financièrement, le premier trimestre représentant 40% de l’activité gazière de GDF Suez en France. Un gel d’un an, jusqu’aux élections présidentielles de 2012, pourrait coûter 400 millions d’euros au distributeur de gaz, estimaient vendredi les analystes de Cheuvreux, en supposant que les prix du pétrole et le dollar restent à leurs niveaux actuels.

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