Un « caillou » au menu d’Emmanuel Macron
Emmanuel Macron ne manque pas de dossiers industriels chauds, à l’image d’Areva. Il a depuis quelque temps ajouté Eramet à sa liste.
Non pas parce que le groupe métallurgique et minier mérite en lui-même un traitement d’urgence mais parce qu’il détient 56% d’une filiale en difficulté et politiquement ultrasensible, la Société Le Nickel, la SLN.
Ce n’est pas une société comme les autres par son poids en Nouvelle Calédonie.
Le nickel est la première ressource du territoire et la SLN son deuxième employeur.
Or elle perd 20 millions d’euros par mois. Eramet fait les fins de mois mais menace de couper les vivres s’il doit poursuivre l’effort seul.
Un conseil est convoqué le 10 avril pour en discuter.
Une telle décision signifierait un dépôt de bilan. Impensable à l’approche du référendum d’autodétermination qui doit se tenir sur le territoire d’ici 2018.
Mais aussi, à plus brève échéance, parce que Manuel Valls doit s’y rendre à la mi-mars.
Il ne peut arriver les mains vides. D’où l’urgence d’une solution.
Emmanuel Macron reçoit donc aujourd’hui pour en discuter la famille Duval, actionnaire de référence d’Eramet avec 37% du capital, lié par un pacte d’actionnaire avec l’Etat qui détient, lui, 24%.
Objectif : que l’Etat et la famille fassent leur devoir d’actionnaires.
Or cette dernière, qui n’a pas reçu de dividende depuis 3 ans, est plus que réticente.
Et l’Etat ne veut pas mettre seul au pot, d’autant que les intérêts calédoniens, présents à 34% dans le capital de la SLN, n’ont pas non plus les moyens de participer.
Ce n’est pas parce que les besoins de recapitalisation, de l’ordre de 250 millions, sont sans rapport avec ceux d’Areva que la pression politique en sera moins forte sur le ministre.
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