Uber écope d’une amende record de 825 millions d’euros

Les autorités française et néerlandaise de protection des données reprochent au géant américain de réservation de voitures d’avoir automatiquement désactivé des comptes de chauffeurs.
Uber

Coup de massue pour Uber. Le géant américain de réservation de voitures avec chauffeurs a écopé d’une amende de 824,99 millions d’euros pour avoir automatiquement désactivé des comptes de chauffeurs de sa plateforme, a annoncé la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) dans un communiqué, lundi 24 août. Cette sanction a été rendue conjointement avec l’autorité néerlandaise de protection des données (AP). Le siège européen d’Uber étant basé à Amsterdam, l’affaire a été traitée aux Pays-Bas.

L’amende a été prononcée à l’encontre des sociétés Uber B. V. et Uber Technologies.

Dans les détails, les deux autorités européennes de protection des données personnelles reprochent à Uber d’avoir pris «des décisions individuelles automatisées concernant les chauffeurs de sa plateforme», avec une «absence totale d’intervention humaine» dans le processus de décision, indique la Cnil. Cela portait notamment sur les désactivations automatiques des comptes des chauffeurs en cas de suspicion de fraude (désactivation temporaire) ainsi qu’en cas de notation basse de la part des clients (désactivation temporaire et définitive). En cas de blocage de leur compte, les chauffeurs ne peuvent plus effectuer de courses et générer de revenus. Ces pratiques sans intervention humaine ont eu lieu entre 2018 et 2022.

En 2020, la Cnil a été saisie d’une plainte collective de l’association La Ligue des droits de l’Homme, représentant 171 chauffeurs de la plateforme Uber. Complétée en 2021, cette plainte concernait notamment l’information des personnes, les transferts de données personnelles hors de l’Union européenne (UE) et les décisions automatisées de déconnexions temporaires et/ou définitives des chauffeurs de la plateforme, précise la Cnil dans son communiqué.

Dans un communiqué distinct, publié vendredi dernier, AP invoque le règlement général européen sur la protection des données (RGPD) qui affirme le droit d’une personne à «ne pas faire l’objet d’une décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé».

Montant de l’amende proportionnel au chiffre d’affaires

Toutes les autorités européennes de protection des données calculent le montant des amendes infligées aux entreprises de la même manière. Ces amendes ne peuvent excéder 4% du chiffre d’affaires annuel mondial de l’entreprise. Uber a réalisé un chiffre d’affaires mondial d’environ 44,5 milliards d’euros en 2025, précise AP dans son communiqué.

L’organisme néerlandais avait déjà prononcé une amende de 600.000 euros en 2018 à l’encontre d’Uber, puis une seconde de 10 millions d’euros en décembre 2023 pour des manquements à l’information des chauffeurs, puis une troisième de 290 millions d’euros en juillet 2024 pour des transferts de données hors de l’UE. Cette fois, AP s’est prononcée sur les décisions individuelles automatisées.

«Nous contestons fermement cette décision ainsi que le montant disproportionné de l’amende, et nous ferons appel», a indiqué vendredi Uber à l’AFP.

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