Transdev devra encore poursuivre l’amélioration de sa structure de bilan

Si la dette nette du groupe de transport a baissé de 40% à 1,1 milliard d’euros l’an dernier, le dossier de la SNCM reste dans l’impasse
Yves-Marc Le Réour

Le redressement de Transdev, contrôlé par la Caisse des dépôts (CDC) et Veolia Environnement, a franchi une première étape significative en 2013. Une nouvelle organisation administrative et commerciale en France a contribué à faire passer de 4,4% à 5,2% la marge opérationnelle du groupe de transports en commun, calculée sur la base des activités poursuivies. La stabilisation de son portefeuille de contrats lui a également permis de limiter à 1% l’érosion de son chiffre d’affaires à périmètre et change constants, à 6,6 milliards.

L’augmentation de capital de 560 millions d’euros souscrite à parité par ses deux actionnaires, des cessions d’actifs pour 130 millions d’euros en Europe centrale et sa meilleure performance opérationnelle ont fait reculer de 40% la dette nette du groupe à 1,1 milliard à fin 2013, d’où un levier financier (dette nette sur excédent brut d’exploitation) ramené à 3,3 fois contre 5,4 fois un an plus tôt, l’objectif à terme étant de l’abaisser à 2 fois. Sur une dette brute de 1,6 milliard, plus des trois quarts proviennent d’un prêt des actionnaires, a précisé hier le directeur financier Marcos Garcia.

L’impasse reste entière concernant la SNCM, détenue à 66% par Transdev, à 25% par l’Etat et à 9% par ses salariés. Aucune «parade juridique probante» n’a en effet été trouvée jusqu’ici pour éviter à la compagnie maritime d’avoir à rembourser 440 millions d’euros d’aides d’Etat réclamées par Bruxelles, a souligné Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, ajoutant que celui-ci «n’a pas les moyens de financer le fonctionnement courant d’une compagnie qui a eu une seule année bénéficiaire sur treize depuis 2001». Le groupe a d’autant moins la main sur ce dossier qu’il n’est pas majoritaire au conseil de surveillance de la SNCM. Ce blocage retarde par ricochet la prise de contrôle prévue de Transdev par la CDC, via le désengagement progressif de Veolia.

Sur la perte nette de 130 millions publiée par Transdev l’an dernier, 107 millions sont attribuables à la seule SNCM qui fait partie des activités non poursuivies. Pour l’exercice 2014, Transdev anticipe d’autres cessions d’actifs et «un résultat net positif, avec un an d’avance» sur son objectif initial, en soulignant que l’amélioration des marges passera aussi par la renégociation de certains importants contrats déficitaires en France. Une démarche que le groupe n’a pu entreprendre plus tôt en raison des élections municipales.

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