Thales intègre Gemalto dans ses prévisions pour 2019
Le spécialiste de l'électronique de défense et industrielle Thales a annoncé jeudi de nouveaux objectifs financiers pour l’exercice 2019 afin de tenir compte de l’intégration effective depuis le 1er avril dernier de Gemalto, le fabricant de cartes SIM et de solutions de sécurité numérique acquis pour 4,8 milliards d’euros.
«Nous ne changeons pas notre vision pour l’année 2019. Il s’agit de prendre en compte l’effet mécanique sur nos prévisions de l’intégration de Gemalto», a expliqué Pascal Bouchiat, le directeur financier de Thales, lors d’une conférence téléphonique avec les journalistes.
Thales, qui visait initialement 16 milliards d’euros de prises de commandes en 2019, selon les chiffres dévoilés en février lors de l’annonce des résultats 2018, prévoit désormais un montant «légèrement supérieur à 18 milliards d’euros», a indiqué le groupe dans un communiqué.
Le niveau de croissance organique du chiffre d’affaires de Thales s'établira, comme annoncé en février, entre 3% et 4%. Il tient compte d’une croissance de 0% à 2% pour la division «Identité et Sécurité Numériques DIS», composée de Gemalto et de certaines activités digitales précédemment affectées au secteur opérationnel «Défense & Sécurité» de Thales. Sur l’ensemble de l’année 2019, ce secteur DIS devrait enregistrer une croissance organique de son chiffre d’affaires comprise entre 0 à 2%.
«Ce niveau de croissance traduit des dynamiques différentes selon les métiers de Gemalto», a indiqué Pascal Bouchiat. «La division de cartes SIM continue sa décroissance, comme prévu. Les activités pour l’internet des objets, la biométrie ou la cyber sécurité vont continuer à croître de manière très sensible, à un rythme proche du double digit (à deux chiffres, NDLR)», a précisé le directeur financier de Thales.
En incluant les 200 millions d’euros de contribution de Gemalto, le résultat opérationnel (Ebit) annuel de Thales s'établira entre 1,98 milliard et 2 milliards d’euros. Le groupe visait, sans Gemalto, entre 1,78 milliard et 1,8 milliard d’euros.
«Ce sont des chiffres cohérents avec le consensus d’analystes tels que nous le voyons», a indiqué Pascal Bouchiat. Les coûts d’intégration enregistrés au sein de l’EBIT sont estimés à 60 millions d’euros en 2019 et à 30 à 40 millions d’euros en 2020.
Les perspectives de moyen terme dévoilées le 3 octobre
Pour les synergies, le groupe «attend à présent 120 millions d’euros en rythme de croisière, à comparer à l’objectif initial de 100 à 150 millions d’euros qui intégrait 30 millions d’euros de synergies de coûts liées aux activités de GP HSM qui ont finalement dû être cédées». Ce montant de synergies proviendra pour 35% des économies de frais de structures, administratifs ou commerciaux et pour 30% des achats. Le solde viendra à hauteur de 20% de la rationalisation des sites immobiliers ou de l’informatique, et pour 15% de la mise en commun des activités des deux groupes dans la cyber sécurité.
«Il est encore un peu tôt pour définir les synergies de revenus. Nous reviendrons sur ce point lors de notre journée investisseurs prévue pour le 3 octobre 2019», a ajouté Pascal Bouchiat. Ce capital market day sera également l’occasion pour Thales de donner des perspectives de moyen terme, au-delà de 2019.
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