Thales et Airbus se désolent des coupes budgétaires à venir dans la défense
Thales et Airbus Group ont prévenu hier que de nouvelles coupes budgétaires dans la défense en France auraient des conséquences dévastatrices sur l’emploi et l’innovation. Adoptée en décembre, la loi de programmation militaire octroie 190 milliards d’euros de crédits sur la période 2014-2019 et acte 7.881 suppressions de postes en 2014. Mais le ministre des Finances, Michel Sapin, a indiqué mardi à l’Assemblée nationale que l’armée devrait contribuer à la maîtrise des dépenses publiques, ne confirmant toutefois pas le montant allant jusqu'à 2,3 milliards de réduction des crédits militaires d’ici à 2017 cité par Les Echos et démentant la fourchette de «1,5 à 2 milliards d’euros par an pendant 3 à 4 ans», évoquée par le député UMP Xavier Bertrand.
Jean-Bernard Lévy, le PDG de Thales, s’est dit hier inquiet, jugeant indispensable le respect «intégral» de la loi de programmation. Thales, dont l’Etat est le premier actionnaire avec 27% du capital, tire la moitié de son chiffre d’affaires de sa division défense et sécurité. «Toute remise en cause de la LPM entraînerait des conséquences potentiellement très dommageables (..) sur l’emploi, mais aussi quant à la poursuite de la capacité que nous avons, nous industriels, à maintenir et à développer des technologies de très haut niveau au service de nos forces armées», a lancé le dirigeant à l’occasion de l’assemblée générale des actionnaires.
«Nous sommes vulnérables à l'évolution du budget de la défense», a de son côté clamé lors d’une conférence de presse François Auque, responsable de l’activité spatiale du pôle Airbus Defence & Space. Airbus Group est d’autant plus attentif à l'évolution qu’il négocie en ce moment avec la Direction générale de l’armement la vente à la France de 12 avions-ravitailleurs dont il espère la conclusion cette année. Mais aucun décalage de cette commande n’est pour l’instant à l’ordre du jour, a précisé Jean-Marc Nasr, patron de la région Europe, Moyen-Orient, Afrique chez Airbus Defense & Space. Au sein de l’ex-EADS, les coupes dans les budgets de la défense en Europe ont déjà entraîné un plan de réduction d’effectifs portant sur un total de 5.800 postes, dont 5.300 dans la seule division défense et espace. En France, le groupe envisage de supprimer 1.700 postes, sur un total de 52.000.
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