SSE veut désamorcer les critiques du régulateur britannique de l’énergie

La compagnie, qui scindera d’ici un an ses activités de fourniture et de production d’énergie, cédera aussi des actifs pour un milliard de livres
Yves-Marc Le Réour

Les menaces planant depuis plusieurs semaines sur les fournisseurs d’énergie au Royaume-Uni incitent SSE (Scottish & Southern Energy) à se réorganiser en profondeur. Afin d’améliorer sa transparence, le groupe procédera d’ici au 31 mars 2015 à une séparation juridique entre son activité de fourniture d’énergie (marché de détail) et la production d’électricité et de gaz (marché de gros). Il prévoit aussi de céder un milliard de livres (1,2 milliard d’euros) d’actifs en deux ans, notamment dans l’éolien onshore, en réaffectant une partie de ce montant à la réduction de sa dette.

SSE s’engage par ailleurs à geler la facture énergétique de 8 millions de foyers britanniques clients du groupe «au moins jusqu’en janvier 2016», ce qui représentera «une période de 26 mois sans aucune hausse de prix». Cette décision «devrait faire passer la rentabilité opérationnelle de l’activité de fourniture d’énergie de 7% à 4,5%», calcule Barclays. Le groupe prévoit en compensation des économies annuelles de 100 millions de livres d’ici mars 2016, entraînant la suppression de 500 emplois supplémentaires sous forme de départs volontaires outre-Manche.

Sur l’exercice finissant le 31 mars prochain, le résultat d’exploitation de la fourniture d’énergie devrait baisser d’environ 25% en raison d’une moindre consommation liée à un hiver doux. Le bénéfice de l’activité régulée de distribution électrique est en revanche attendu en hausse de 10% et celui de la génération d’énergie d’environ 20%, grâce à de nouveaux champs gaziers et à la contribution des renouvelables. Pour l’exercice 2014-2015, SSE prévoit 1,6 milliard de livres d’investissements, puis un montant annuel de 1,3 milliard d’ici mars 2018.

Grâce à ces mesures, l’entreprise entend désamorcer les critiques de l’Ofgem, instance de régulation du secteur. Celle-ci doit publier aujourd’hui un rapport préliminaire recommandant à la nouvelle Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) d’ouvrir une enquête sur les prix de détail dans l’énergie.

Après une forte hausse des tarifs à l’automne dernier, les six principaux fournisseurs de gaz et d’électricité (Centrica, SSE, RWE npower, E.ON, EDF Energy et Scottish Power, filiale d’Iberdrola) sont devenus une cible pour la classe politique qui se prépare aux élections législatives du printemps 2015. Reste à connaître la réaction des autres protagonistes, quatre d’entre eux étant des filiales de groupes étrangers.

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