Sonepar témoigne de l’intérêt grandissant pour la dette «Schuldschein»
L’émission outre-Rhin par Sonepar de 400 millions d’euros sous forme de «Schuldschein» (certificat de dette) témoigne de l’appétit grandissant des corporates français pour un marché traditionnellement dominé par des émetteurs domestiques du secteur public et financier. Ces instruments financiers, qui s’apparentent à des accords de crédit bilatéraux, sont également utilisés comme mode de financement alternatif par des PME allemandes disposant d’une bonne qualité de crédit. Par rapport à une émission obligataire ou à un crédit syndiqué, ils autorisent une documentation plus légère, soumise au droit allemand, sans obligation de notation pour l’emprunteur.
Alors que la taille du marché global du Schuldschein est difficilement quantifiable, «le montant émis par les entreprises non financières s’est élevé à environ 8,5 milliards en 2011 et ce segment devrait être compris entre 10 et 12 milliards cette année», précise à L’Agefi Christophe Huet, responsable du corporate banking de BayernLB à Paris. Si l’an dernier, seulement deux émetteurs français s’étaient présentés sur ce marché (180 millions d’euros levés par Eurofins Scientific et 40 millions par Etam), quatre entreprises l’ont testé depuis janvier. Il s’agit de Bureau Veritas (pour 193 millions d’euros), de Faurecia (75 millions), de Sonepar et de Plastic Omnium dont la transaction n’est pas encore finalisée.
Arrangée par BayernLB et HSBC Trinkhaus, la levée de fonds de Sonepar, bouclée mi-mai, comprend 3 tranches de taille égale à 3, 5 et 7 ans. Elle permet au groupe de distribution électrique familial d’allonger ses échéances de dette. C’est aussi un moyen pour les investisseurs institutionnels de diversifier leur portefeuille vers des émetteurs absents du marché obligataire. «La qualité de crédit de Sonepar, les différentes maturités ainsi qu’un rendement adapté proposé aux investisseurs expliquent que l’émission ait été 4 fois sursouscrite», souligne Christophe Huet.
Il ajoute que «les banques internationales ont souscrit à hauteur de 37% du total, devant les assureurs (31%), les banques régionales (‘Landesbanken’, 28%) et les caisses d’épargne allemandes (4%)». Par origine géographique, la base d’investisseurs est très large, puisque le placement «s’est effectué à 38% auprès d’investisseurs allemands, la France arrivant ensuite avec 33%, puis l’Asie (13%), l’Autriche (8%) et le Luxembourg (4%)», conclut le banquier.
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