Solvay anticipe sa sortie des PVC mais touchera moins que prévu
Après avoir obtenu en mai l’aval de Bruxelles longtemps attendu, Solvay et Ineos ont présenté hier les détails de leur accord visant à créer leur coentreprise dans les chlorovinyls, qui comprend notamment les PVC. Baptisée Inovyn, cette société qui devrait être opérationnelle «en fin d’année», affichera un chiffre d’affaires supérieur à 3 milliards d’euros sur la base des données pro forma 2013, avec 14 sites dans 8 pays européens. Son siège social sera situé à Londres et la gouvernance de la nouvelle entité sera partagée de manière égale entre les deux groupes.
L’accord définitif prévoit un premier paiement de 175 millions d’euros à Solvay qui transférera à la coentreprise des passifs équivalents à 250 millions d’euros. Alors que le chimiste belge devait initialement sortir de cette coentreprise au bout de 4 à 6 ans, ce délai a désormais été raccourci à 3 ans, au terme desquels il recevra un montant complémentaire estimé à 250 millions d’euros. Mais ce montant pourra varier en fonction de la performance opérationnelle de la coentreprise, «avec un minimum garanti de 75 millions d’euros». Au bout du compte, le prix total de cession sera compris entre 500 et 675 millions d’euros, contre un montant précédemment estimé entre 600 millions et 1 milliard.
L’opération se traduira en outre pour Solvay par une dépréciation d’actifs de 420 millions d’euros passée au deuxième trimestre 2014. Cette dépréciation, «majoritairement non-cash, comprend l’annulation du goodwill de Rhodia à hauteur de 142 millions d’euros alloué à cette activité, des charges de dépréciation différées de 60 millions d’euros, des impôts et autres coûts liés à la mise en œuvre de cet accord pour un total de 70 millions d’euros», précise le groupe.
En dépit d’un prix de cession inférieur aux estimations initiales, les analystes de KBC Securities jugent toujours de manière positive le désengagement de Solvay du segment du PVC, «industrie très cyclique qui souffre de surcapacités importantes en Europe». Ils rappellent également que la Commission européenne «a imposé une série de remèdes très stricts avant de donner son aval à cette opération, notamment le désinvestissement de capacités de production d’environ 800.000 tonnes de PVC et un droit de regard préalable sur les acquéreurs potentiels.»
Plus d'articles du même thème
-
Le Conseil constitutionnel renforce la protection des tiers saisis face aux mesures de recouvrement
Saisis d'une question prioritaire de constitutionnalité, les Sages ont invalidé une disposition fiscale permettant de faire peser sur un tiers saisi la totalité de la dette du redevable, consacrant ainsi une application stricte du principe de proportionnalité des peines. -
Une fusion transatlantique se profile dans le secteur des ingrédients
Le britannique Tate & Lyle a accepté une offre d’achat en numéraire de son concurrent américain Ingredion, qui valorise sa cible 3,7 milliards de livres dette incluse. -
Revolut viserait d'ores et déjà 115 milliards de dollars de valorisation
La néobanque britannique envisage une nouvelle cession d'actions existantes, selon Bloomberg. Ce nouveau jalon marquerait une nouvelle hausse de sa valorisation par rapport aux 75 milliards atteints en novembre 2025, en vue in fine d'une introduction en Bourse autour de 200 milliards d'ici à 2028.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Défausse ou défense ?Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin renvoie les magistrats à leurs responsabilités
« S’il y a eu des défaillances, il y aura des sanctions », a prévenu le ministre de la Justice, lundi. Encore faudra-t-il qualifier ces éventuelles fautes -
Affaire Lyhanna, justice criminelle : Gérald Darmanin sur tous les fronts
L'examen du projet de loi sur la justice criminelle a débuté lundi à l'Assemblée nationale, par l'audition en commission des Lois du ministre. Au cœur des critiques que suscite l'affaire Lyhanna, le garde des Sceaux doit désormais s'assurer de l'adoption d'un texte dont le contenu crée la polémique depuis sa présentation -
Noir, c'est noirRetraites : l'avenir s'assombrit encore
Les derniers calculs du Conseil d'orientation des retraites aggravent le solde du système, avec un dérapage du déficit à 2,4 points de PIB en 2070