Softbank débourse 20,1 milliards de dollars pour accomplir son rêve américain
La recomposition du secteur des télécoms progresse à grands pas aux Etats-Unis. A l’issue de plusieurs semaines de négociations, Softbank, troisième opérateur mobile nippon, va finalement prendre le contrôle d’environ 70% de Sprint Nextel, lui-même numéro 3 sur le marché américain, pour 20,1 milliards de dollars au total (15,6 milliards d’euros).
Cette annonce intervient moins de deux semaines après celle de la fusion entre T-Mobile USA, quatrième opérateur mobile domestique, et MetroPCS, spécialiste des offres prépayées.
Tirant parti de la vigueur du yen pour amoindrir le coût de ce rachat, Softbank versera 12,1 milliards de dollars en numéraire aux actionnaires de Sprint ; ceux-ci détiendront 30% d’une nouvelle entité («New Sprint») qui «deviendra le véhicule d’investissement coté à New York et sera l’unique actionnaire de Sprint». Softbank injectera également 8 milliards de dollars au capital de cette nouvelle entité, à comparer à une dette nette actuelle de 14,5 milliards pour Sprint. Le directeur général Dan Hesse conservera sa fonction au sein de «New Sprint» qui aura un conseil d’administration de 10 membres, dont 4 issus de Sprint. La transaction, soumise à l’aval des actionnaires de Sprint et des autorités réglementaires américaines, devrait être bouclée «mi-2013».
En cas de refus de ses actionnaires, l’opérateur américain, conseillé par Citigroup, Rothschild et UBS, versera à Softbank 75 millions de dollars de dédommagement. S’il accepte une proposition plus intéressante, il paiera au groupe nippon une indemnité de rupture de 600 millions et recevra un montant identique de Softbank si ce dernier n’obtient pas les financements nécessaires. Ce cas de figure paraît peu probable, l’opération étant financée sur la trésorerie de Softbank, complétée par un crédit relais garanti par Mizuho, Sumitomo Mitsui, Bank of Tokyo-MUFJ et Deutsche Bank.
Avec un chiffre d’affaires pro forma de 32 milliards de dollars, Softbank deviendra «le troisième opérateur de téléphonie mobile mondial», derrière China Mobile et Verizon Wireless. Confronté à la saturation du marché nippon, il compte appliquer outre-Atlantique «son expertise dans le déploiement des réseaux à haut débit de nouvelle génération et dans l’internet mobile».
Doté d’une plus grande flexibilité financière, Sprint pourrait désormais être incité à racheter les minoritaires du 5e opérateur américain Clearwire dont il détient 48% du capital.
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