Sodexo étanche sa soif de croissance dans les titres-repas en Amérique latine
Si les petits ruisseaux de la croissance externe font les grandes rivières du développement, l’acquisition par Sodexo du mexicain Servi-Bonos revêt un caractère stratégique. Le groupe français a ainsi annoncé hier un accord avec Innovacion y Conveniencia et Sistemas de Operacion Integral pour le rachat du spécialiste mexicain des chèques et cartes de restauration et d’alimentation.
Si l’investissement consenti, voisin de 60 millions d’euros selon un porte-parole, reste relativement limité, l’opération, sous réserve de l’approbation des autorités de la concurrence, permet à Sodexo de renforcer sa présence sur une activité dynamique dans une région à forte croissance. Natixis notamment salue ce renforcement sur des pays émergents «qui offrent aujourd’hui un meilleur potentiel de croissance».
Les résultats semestriels de Sodexo au 29 février dernier avaient déjà en effet été marqués par l’impact d’acquisitions, notamment celle de Puras do Brasil, et par les succès engrangés en Amérique latine dans les services de motivation, selon la terminologie employée par le groupe. Sur le semestre écoulé, le volume d’émission dans la région avait atteint 3,4 milliards d’euros, en croissance interne de 17,3%, représentant près de 45% de l’activité du groupe sur la période (elle-même en hausse interne de 11,4%).
CM-CIC veut croire que «ces marchés resteront porteurs» quand bien même le rythme de croissance «devrait certes ralentir». En 2011, Servi-Bonos a affiché, «sur un marché mexicain dynamique et en plein essor» selon Sodexo, un volume d’émission de près de 300 millions d’euros, auprès de 5.000 clients. La transaction dévoilée hier fera tout de même de Sodexo le deuxième plus important acteur du secteur dans le pays, où il doublera de taille, selon Kepler.
Alors que CM-CIC Securities évoque des «économies d’échelle positives» localement, et qu’Oddo avance que «l’acquisition peut laisser espérer quelques synergies», ce dernier assure qu’«une nouvelle fois, Sodexo fait preuve d’opportunisme» et parvient à signer une transaction «relativement bon marché». Le courtier rappelle pourtant que le groupe «achète rarement» à bon prix et que «les acquisitions de taille moyenne dans le secteur sont rares et chères». Mais Oddo qualifie de «bonne surprise» le prix payé, estimé à 0,2 fois le volume de titres émis et 11 fois le résultat d’exploitation (Ebit).
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