SNCF, la mauvaise surprise des comptes 2015
Les annonces du directoire de la SNCF hier sur les pertes du groupe en 2015 sont assurées de demeurer dans les annales de la mauvaise gouvernance. Dans le genre, c’est un festival !
Commençons par remarquer que cette révélation de taille – près de 12 milliards de pertes, une broutille ! – est le fait d’un tandem dont l’un des membres, Jacques Rapoport président délégué du directoire auprès de Guillaume Pépy, est démissionnaire depuis le 24 février !
Mais il est vrai que sa démission n’a pas été explicitée au conseil de surveillance, dont certains membres ont d’ailleurs appris le montant des pertes par la presse.
Qu’un directoire fasse ce genre d’annonce avant même d’en avoir délibéré avec son conseil en dit long sur l’absence de vrai contrôle du second sur le premier.
Plus mauvais signe encore est l’insistance du tandem sur le fait que ces pertes résultent surtout d’un « simple recalage technique de la valeur des actifs » de SNCF Réseau.
Ce qui a ramené la valeur réelle de ses 30.000 km de voies de 43 à 33 milliards mais n’aurait, paraît-il, « aucun impact concret ».
Comme si déprécier son patrimoine était neutre sur la valeur réelle du groupe à endettement inchangé !
On croirait entendre Jean-Marie Messier affirmant au début des années 2000, après des dépréciations et des pertes historiques, que Vivendi allait « mieux que bien » !
La vérité était tout autre. A la SNCF, on en saura plus après le conseil de jeudi.
Mais d’ores et déjà, la nouvelle dépréciation de 2 milliards du parc de TGV sous l’influence de la concurrence du low cost et… du covoiturage est lourde de sens.
Car elle donne une idée de l’impact que le développement d’un Blablacar par exemple a sur les comptes de la SNCF…
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